We Bury the Dead
Original Title : WE BURY THE DEAD
Director : Zak Hilditch
Screenplay : Zak Hilditch
Cast : Daisy Ridley, Brenton Thwaites, Mark Coles Smith & Matt Whelan
DOP : Steve Annis
Producer : Kelvin Munro, Grant Sputore, Ross Dinerstein, Joshua Harris & Mark Fasano
Production : The Penguin Empire
Distribution : The Searchers
World Sales : Neon
Year : 2025
Country/Region : Australia, USA
Audio : English
Subtitles : FR / NL
Running time : 95
Genre(s) : mystery, post-apocalyptic, zombie
L’avis du BIFFF :
Après avoir touché le mauvais bouton, l’armée américaine déclenche par erreur une arme électro-magnétique maousse au large de la Tasmanie.
Résultat de la bourde ?
Un demi-million de morts en l’espace d’à peine une seconde.
Toute la population est éradiquée d’un claquement de doigts.
L’Australie cherche alors des volontaires pour nettoyer ce charnier immense et Ava, dont le mari se trouvait sur place pour le boulot, signe tout de suite.
On ne sait jamais, se dit-elle.
Mais, une fois sur le terrain, elle va découvrir que certains macchabées ont encore la bougeotte…
Plus de dix ans après THESE FINAL HOURS, Zack Hilditch revient au BIFFF avec des morts, des vivants, des morts-vivants, des vivants bientôt morts, et une Daisy Ridley (STAR WARS) jusqu’au-boutiste du concept « jusqu’à ce que la mort vous sépare ».
Mon Humble Avis :
Ce film prétentieux rejette l’appellation « zombie », qui n’est pas employée du tout, malgré qu’il s’agisse bien de morts revenant à la vie…
Il bénéficie d’une production tout à fait confortable, d’une grosse star d’Hollywood, et a donc tous les atouts avec lui pour faire un bon film.
Voyons ce qu’il en est…
Le message nous parle du deuil, et des choses laissés en suspens dans nos relations lorsque la mort s’en mêle.
Les protagonistes se demandent d’ailleurs si les zombies ne sont pas réveillés parce qu’ils avaient quelque chose à terminer en ce monde.
Il y a aussi un sous texte anti américain, avec cette expérience militaire qui fait fi des populations étrangères.
Il n’y a plus beaucoup de confiance envers autrui, dans le tableau de la société déliquescente qui nous est montré, malgré la bonne volonté initiale des bénévoles au début de l’histoire…
La réalisation de ce « zombie flick » (parce oui, que le réal le veuille ou non, c’est en est un) est plus celle d’un drame psychologique que d’un film d’action horrifique.
Vous êtes prévenus…
Ça se veut plus réaliste que le film de zombie moyen, mais c’est surtout plus chiant avec ses péripéties déjà maintes fois éculées.
Finalement, c’est juste un survival mou.
Les cadrages choisissent bien souvent des gros plans scrutant les réactions de son actrice principale (la très belle Daisy Ridley, énormément présente à l’écran).
Il y a des plans au drone, en plongée verticale.
Il y a parfois des vues subjectives à la lampe de poche.
Une scène de baston est vue en panoramique latéral au travers des vitres brisées d’un bus.
Cette bonne variété de valeurs de cadres pourrait dynamiser le récit, mais comme les scènes sont étirées au maximum, ça ne suffit pas.
La photographie suit la mode dominante des tons orange et bleu.
Les ombres douces offrent un modelé délicat.
C’est souvent sombre, mais avec les lens flare des torches électriques.
Le montage parait plutôt rythmé de prime abord, lors de l’exposition du personnage et des enjeux, mis malheureusement il devient vite lent et verbeux.
Il y a quelques accélérations lors des rencontres de zombies qui ne s’appellent pas zombies.
Les décors nous montrent de petites villes australiennes sur l’île de Tasmanie, et le bush entre elles.
On voit une fosse commune dans un terrain vague, on explore des pavillons individuels, une casse de bagnoles, une autoroute jonchée d’obstacles, une zone couverte d’un brouillard orange, et une côte boisé.
Les décors sont donc variés et plutôt agréables à regarder.
Les costumes de classe populaire sont réalistes et quelconques.
Il y a aussi les uniformes des militaires, et des prêtres de différentes religions.
Les masques portées pour éviter les miasmes et l’odeur de putréfaction des cadavres nous rappellent ceux de la pandémie covid et l’inconfort que nous avons tous ressenti.
Les SFX nous présentent principalement des cadavres en différents états de putréfaction.
Les zombies qui ne s’appellent pas zombies grincent des dents de façon menaçantes (mais on ne les voit finalement jamais manger quelqu’un).
Notons parmi les plus originaux : un zombie couvert d’huile de moteur, une zombie stripteaseuse aux cheveux roses, un zombie coupé en deux, un zombie au pied de traviole, une zombie prof de yoga, et même un zombie fossoyeur qui creuse sa propre tombe !
Avouez que pour des zombies qui ne s’appellent pas zombies, ils ressemblent quand même beaucoup à de simples zombies !!!
Les images de synthèse rajoutent aussi de la fumée à l’horizon, des épaves de véhicules sur les routes, un avion crashé en pleine mer, et des corps de vaches qui pourrissent au soleil…
Le casting est le point fort du film, heureusement puisqu’il est fortement axé sur des dialogues ou les sentiments de son héroïne.
Daisy Ridley assure, avec un personnage plus endurci qu’elle n’en avait initialement l’air.
Son jeu est sobre et intériorisé, pas toujours assez subtil mais si les scènes sont prévisibles c’est avant tout la faute du script et non de son interprétation.
En tout cas, elle est toujours extrêmement photogénique, et son profil droit doit être le meilleur vu le nombre de gros plans qui le présentent à l’écran.
Il y a une grosse figuration au début du film, plaçant un contexte réaliste.
Parmi les seconds rôles, on retiendra surtout le militaire latino viril et menaçant, et le beau gosse chevelu et moustachu, à priori dur à cuire mais fuyant au premier souci venu !
La musique fait dans l’ambiant de suspens assez morne.
On y entend de sourdes percus électro.
Plus étonnement, il y a du classique et de l’opéra dans la BO.
Une fiesta entre bénévoles éprouvés permet du rock diégétique.
Le synthé sample des instruments folk australiens.
L’ambiant devient planante avec des chœurs féminins dans des passages d’envolée lyrique assez agréables.
Notons que le bruitage des grincements de dents des zombies qui ne s’appellent pas zombies est plutôt bien foutu, c’est assez irritant, voire dégoutant, ça fonctionne bien.
En conclusion, la salle du BIFFF était déchaînée, on entendait vanne sur vanne pour tromper l’ennui, tous les effets dramatiques sont tombés à l’eau…
Lorsque tous les 500 spectateurs d’une salle sont hilares dans un film que tu as voulu dramatique, as-tu atteint ton objectif ?
En tout cas, même malgré cette bonne ambiance festive, moi je me suis quand même ennuyé !













