Nerver After Dark
Original Title : NEVER AFTER DARK
Director : Dave Boyle
Screenplay : Dave Boyle
Cast : Moeka Hoshi, Kurumi Inagaki, Kento Kaku, Mutsuo Yoshioka, Bokuzō Masana & Tae Kimura
DOP : Patrick Ouziel
Producer : Dave Boyle, Kento Kaku & Kosuke Tsutsumi
Production : Signal181, Inc. / United Lounge Tokyo
Distribution : The Festival Agency
World Sales : XYZ Films
Year : 2026
Country/Region : Japan
Audio : Japanese
Subtitles : EN / FR / NL
Running time : 104
Genre(s) : ghost movie, mystery, serial killer
L’avis du BIFFF :
Airi n’a pas choisi une vie simple et insouciante.
Son travail consiste à aider les esprits qui ne parviennent pas à passer sans encombre du monde des vivants à celui des morts.
Cela se produit lorsqu’au moment de sa mort, une personne est accablée par trop de soucis terrestres.
Bon, OK, c’est une façon polie de dire qu’elle est exorciste.
Et son prochain contrat a tout ce qu’il y a de plus banal : une vieille femme qui vit recluse dans une cabane, avec un esprit particulièrement jouette et tenace.
Une formalité, quoi….
Déjà à la manœuvre avec le carton Netflix HOUSE OF NINJAS, le duo Kento Kaku (à la prod’) et Dave Boyle (à la réalisation) ont à peine eu le temps de terminer le film, que les mastodontes d’XYZ se sont jetés sur les droits internationaux.
Et ça, c’est un indice de qualité autrement plus fiable que le Dow Jones sous Trump !
Mon Humble Avis :
Le réalisateur Dave Boyle est à l’origine un mormon envoyé en Australie à Sidney pour s’occuper de la communauté japonaise !
Pas étonnant que les personnages de ses films soient toujours coincés entre deux cultures.
Never After Dark est le premier J Horror qu’il réalise sous la bannière de la nouvelle maison de prod créée avec Kento Kaku suite au succès de House of Ninjas sur Netflix.
Le genre de la J Horror (films d’horreur nippon aux codes particuliers) a eu ses heures de gloire dans les années 2000, mais est ensuite tombé en désuétude suite à trop de remakes américains.
Voyons si un mormon australien est apte à le revitaliser…
Le message est qu’il faut davantage craindre les vivants que les morts !
Le métrage présente des rituels taoïstes réinventés avec un regard occidental, cela crée sa propre mythologie originale.
La réalisation de ce ghosbusters nippon veut relancer le genre, mais avec un ton différent, moins sérieux de prime abord, avec des personnages plus attachants.
On pense à Ghostbusters bien sûr, mais aussi (et surtout) à Fantôme contre fantôme de Peter Jackson, avec son médium exorciste allié à des fantômes, qui passe dans le monde des morts pour résoudre son enquête.
Le style de la mise en scène exploite le meilleur des deux mondes, occidental et oriental, en cherchant un juste milieu efficace.
Les cadrages ont une grammaire très large : plans à la grue, travellings, gros plans, nombreux reflets dans des miroirs (un fantôme ne communicant que grâce à eux), plongées, arrière-plans flous, contre- plongées, ralentis, etc…
Vraiment, tout est exploité pour varier les valeurs de cadres, et rendre ça attractif visuellement.
La photographie donne dans les tons d’automne avec des taches orangées.
Il y a parfois de magnifiques rayons de lumière obliques.
Il y a un changement de teintes lorsque l’héroïne passe le voile de l’au-delà, ça devient plus froid et bleu.
Globalement, c’est de la belle image, très pro.
Le montage témoigne d’un bon se ns du rythme pour installer l’atmosphère.
Il y a une exposition rapide des personnages et des enjeux tout au cours du déroulé de l’action.
L’anticipation est accentuée par l’attente avant de brusques accélérations pour mieux nous faire sursauter.
Les décors présentent une grande demeure à l’architecture bien mise en valeurs (on finit par bien connaitre les lieux).
Il y a un bel intérieur en boiseries.
On voit aussi une étrange église isolée en forêt.
Les costumes sont des vêtements simples mais classes.
L’héroïne a une coupe asymétrique qui s’explique par les cheveux qu’elle coupe régulièrement dans ses rituels.
Elle porte aussi un collier New Age qui prouve le sens du détail de la costumière.
Le fantôme de sa sœur porte un bonnet orange kawaï.
Les SFX sont des effets à l’ancienne entièrement réalisés devant la caméra, aucune synthèse ici, c’est rafraichissant.
Le fantôme flippant a une gueule ouverte démesurément, par un maquillage prosthétique.
Il y a des ongles arrachés, de la télékinésie de poltergeist avec mobilier qui vole en tous sens, et des arrachages de dents bien gore.
Le casting propose une héroïne toute jeune et frêle, au charme fou.
C’est un personnage qui n’a pas peur du tout des fantômes, donc forcément au début le public, par identification, n’en a pas peur non plus… puis, lorsque même elle se met à flipper, alors ça renforce au contraire notre appréhension !
Les seconds rôles sont tous assez bons.
La musique fait dans les percussions étranges et les bruitages sourds.
Il y a aussi du synthé carillonnant, et la BO peut carrément devenir intense et angoissante quand il le faut, avec des chœurs puissants.
Elle propose de vraies mélodies.
On entend aussi du pop rock nippon en diégétique (accompagné d’une danse ivre) !
En conclusion, ce film réussi nous propose de l’originalité : en effet, malgré des ingrédients connus (J Horror, films d’exorcisme), il parvient à sa propre recette en les mélangeant selon ses propres proportions, et en gérant parfaitement la progression de la tension.
On passe un excellent moment, je le conseille vivement aux amateurs.



