Mum I'm Alien Pregnant

 

Original Title : MUM, I'M ALIEN PREGNANT

Director : THUNDERLIPS

Screenplay : THUNDERLIPS

Cast : Hannah Lynch, Yvette Parsons, Arlo Green & Jackie van Beek

DOP : Bayley Broome-Peake

Producer : Alix Whittaker, Morgan Leigh Stewart & Ilai Amar

Production : Hot Candle Wave

Distribution : The Festival Agency

World Sales : XYZ Films

Year : 2026

Country/Region : New Zealand

Audio : English

Subtitles : FR / NL

Running time : 95

Genre(s) : comedy, trash

 

L’avis du BIFFF :

Pur produit des fins de série de la Génération Y, Mary est une glandeuse qui squatte chez sa mère et qui passe son temps à mater du porno animé sous la couette.

Lors de l’une de ses très rares sorties à la buanderie commune, elle tombe sur son nouveau voisin qui a la particularité d’avoir un trois-pièces cuisine d’origine extra-terrestre.

Intriguée, elle demande à voir le matos, avant de “#!!µù$”$#’’ bip bip (censuré).

Un jet plus tard, la voilà porteuse d’un parasite aussi tenace qu’un ténia, une entité qui la dévore de l’intérieur et qui la transforme en matrice monstrueuse qui vomit de l’acide intergalactique.

Bref, Mary est enceinte et ça l’arrange pas du tout…

Voici le nouveau phénomène du body horror qui a retourné tous les estomacs de Sundance !

Non seulement, ça cousine sec du côté des premiers Peter Jackson, ça n’a aucune retenue visuelle, mais ça tacle joliment les poncifs rétrogrades sur la maternité !

 

Mon Humble Avis :

 

L’un des deux réalisateurs a été assistant à Hollywood, avant de revenir en Nouvelle Zélande pour former ce duo.

Il rapporte donc une expérience notable afin de tirer parti d’un petit budget et pouvoir livrer quand même une série B déjantée.

 

Le message est tiré de la véritable expérience de grossesse de la productrice, qui voulait qu’on aborde la non-écoute médicale, et la pression sociale à la maternité.

Le film aborde aussi la difficulté des adulescents à « couper le cordon » pour devenir adulte.

 

La réalisation de cette comédie graveleuse et sans limites privilégie tous les effets comiques.

Il y a clairement une volonté de provocation, dans le mauvais goût assumé.

Le sous-genre horrifique du body-horror est à la mode depuis le succès de The Substance, et ce film surfe sur cette mode, pour passer son message, défendant le droit à l’avortement, et réclamant plus d’écoute dans le milieu médical vis-à-vis des patientes.

 

Les cadrages choisissent plutôt des plans larges et des plans américains.

Il y a une bonne variété de valeurs de cadres, mais ça reste une grammaire visuelle assez simple.

 

La photographie démarre dans les lumières néons multicolores et stroboscopiques, mais heureusement s’assagit rapidement.

Il y a plutôt des couleurs chaudes, en un camaïeu de bruns et des beiges.

 

Le montage emploie des fondus enchaînés (devenus plutôt rares).

Il avance au rythme des gags, qui fonctionnent selon une science plutôt aiguisé du timing.

 

Les décors font dans la déco moche hyper kitch !

On a droit à une laverie où l’héroïne se frotte aux machines en mode essorage, à des hôpitaux bourrés d’incompétents, et à une zone pavillonnaire populaire.

 

Les costumes sont ringards à souhait.

Il y a une opposition entre la vieille mère hippie, et la vieille mère coincée.

On voit de la nudité pour la grosse mère sans tabou.

La jeune se balade en survêt baggy à capuche.

 

Les SFX font très série B, mais sont plutôt généreux.

Dès le générique en images de synthèse on croie être dans une vue microscopique de cellules en fécondation, alors qu’il s’agit d’un hyper gros plan sur la glace dont se goinfre l’héroïne.

Le titre du film apparait comme une tache de sperme fluo !

Le pénis alien est particulièrement bizarre, androgyne, et dérangeant.

C’est un superbe animatronique (on a une pensée pour les maquilleurs qui ont bossé des semaines sur cette bite difforme) !

Les nombreuses déformations corporelles sont aussi réalisées avec des prothèses en silicone.

Une montée de lait projette des éruptions de lactose alien en tous sens, on vomit du liquide bleuâtre dans toute la pièce, et on arrache les doigts des accompagnateurs par souffrance !

Le pouvoir électrique acquis par la grossesse alien est bien réalisé, en numérique.

De même, on a aussi droit à une surprenante combustion spontanée.

 

Le casting est sympathique.

Tous surjouent dans une interprétation outrée et excessive.

Les personnages sont vulgaires et trash au possible.

La mère trop présente et trop intrusive finit pas nous émouvoir.

La jeune fille n’est de prime abord pas très charismatique par son côté larve sans ambition, mais elle traverse toutes ces épreuves comme une guerrière coriace, et reste sur ses positions anti-maternité jusqu’au bout, ce qui force le respect.

Le mec autiste et bégayant est un anti-héros peu charismatique, mais il finit par assumer ses conneries, donc on s’y attache aussi à la longue.

Leurs failles les rendent humains, leur surjeu est intense, et correspond bien finalement à ce scénario WTF.

 

La musique commence par de l’électro sexy.

Ça monte en puissance et ça stoppe d’un seul coup en changeant de scène.

On ne retient pas une mélodie de cette ambiant quelconque.

 

En conclusion, ce film fait dans la provoc la plus crasse, mais il reste fun grâce à ses personnages attachants.

On rigole, et par identification on ressent bien le calvaire (physique comme psychologique) d’une grossesse non désirée, donc l’objectif est atteint.