Oddities

 

Original Title : ODDITIES

Director : Tyler Savage

Screenplay : Tyler Savage

Cast : Lilimar, Lovie Simone, Adrienne Barbeau, Xander Berkely, Will Oldham, Lucas Fleisher & Sarah Durn

DOP : Antonio Cisneros

Producer : David Broad, Noah Lang, Max Neace, Javier Gonzalez & Tyler Savage

Production : Fryman Films

Distribution : Fryman Films

World Sales : None

Year : 2026

Country/Region : USA

Audio : English

Subtitles : FR / NL

Running time : 89

Genre(s) : horror, thriller

 

L’avis du BIFFF :

Fêtardes invétérées, Rosie et McKenna ont clairement un style de vie qui ferait passer Johnny Depp pour un moine bénédictin.

Mais, lors d’une soirée particulièrement chargée en substances diverses, elles tuent accidentellement l’associé d’un dealer local paranoïaque et prennent la fuite dans une bagnole remplie de cocaïne.

Dans un éclair de sagesse, nos deux comparses se disent que c’est l’occasion ou jamais de tirer un trait sur cette vie de débauche et de tout recommencer à zéro.

Avec un premier stop au fin fond de nulle part de l’Alabama, où une délicieuse tenancière d’un magasin d’antiquités leur propose “juste à manger et à boire, un peu de pain et de chaleur”.

Vraiment dans l’esprit des Enfoirés, en fait.

Sauf que cette gentille dame est plutôt dans le registre de l’enflure.

Mais dans des proportions carrément bibliques…

 

Mon Humble Avis :

 

C’est au BIFFF la première mondiale de ce film, en présence d’une bonne partie de l’équipe, dont le réal, de directeur de la photo, et les deux actrices principales.

Le producteur est un ami de Cody Carpenter (fils de John Carpenter et d’Adrienne Barbeau), c’est ainsi que les deux, Adrienne et Cody, se retrouvent impliqués.

Le film a d’abord été un court métrage, au scénario légèrement différent (une histoire de vampire), avant d’être retourné en un long où tout a été revu en plus gros.

Le réal a été l’assistant de Terrence Malik, ce film de genre est assez éloigné du style de Malik, mais l’élève a retenu une leçon importante du maître : toujours resté fidèle à sa vision de départ.

 

Le message traite d’abord des méfaits de la drogue, et du retour de karma, avant de traiter de l’arrogance de la jeunesse insouciante de son ignorance, une fois exposée à la gravité du monde réel.

C’est un peu contredit par le fait que les deux jeunes filles sont plusieurs fois sauvées justement en prenant de la drogue (une peu comme dans Ghost of Mars de John Carpenter) !

Il n’y a pas un sous texte social important dans cet humble divertissement.

 

La réalisation veut montrer un « slasher à l’envers », dans le sens où les héroïnes font justement tout ce qu’il ne faut pas faire normalement dans ce genre de films, sous peine de mort (selon les règles de Scream, se droguer, baiser, etc)…

Puis le film se transforme en torture porn, du women with guns, avant de se conclure en horreur lovecraftienne, comme une sorte de best of de la série B horrifique américaine.

 

Les cadrages démarrent sur du champ contrechamp assez simple.

Il y a pas mal de shaky cam, et de plans obliques dans les moments de panique.

Les gros plans sont aussi assez utilisés, comme sur les yeux lors d’un duel digne d’un western.

Notons que le directeur de la photo a carrément créé son propre objectif pour déformer l’image et donner la sensation de vertige du clip initial montrant la vie de junkies des deux fêtardes.

 

La photographie use d’abord de lumière rose et verte, avant de changer de teintes à chaque scène.

Ça devient ensuite naturaliste une fois la cavale commencée, hors de la grande ville, puis ça prend des couleurs chaudes dans la boutique de l’antiquaire, et froides dans son sous-sol.

 

Le montage use d’un générique clippé bien dynamique, puis c’est ménager le suspens et accélérer efficacement quand il le faut…

C’est efficace dans son jeu avec notre anticipation des évènements.

Curieusement, il y a parfois des inserts avec des éléments naturels en hyper gros plan (comme une chenille sur une branche par exemple), exactement comme le fait souvent Terrence Malik…

Certaines conversations ayant lieu simultanément sont en montage alterné, ça rajoute de la tension.

 

Les décors nous montrent une ferme isolée en pleine cambrousse du Kentucky, transformée en magasin d’antiquités, avec sa cave où on enferme les victimes en cages...

Les antiquités et accessoires ajoutent plein de détails à l’image, et le juke-box joue même un rôle essentiel dans l’action.

 

Les costumes de la black sont sexy, ceux de la latino sont baggy et oversize, et ceux de la mémé sont rétro, les autres étant carrément des ploucs habillés en Dechiens.

Le vieux porte un bleu de travail, on ne peut pas faire autrement que d’y voir une référence à Michael Myers d’Halloween, surtout avec une musique évoquant celle de John Carpenter.

 

Les SFX donne dans le gore grand-guignol, les mains sont tranchées, on égorge à la fourche, ça saigne pas mal !

L’entité est en synthèse, son look est entre Cthulhu et des divinités aztèques.

La désintégration de ses victimes ressemble à une lente démolécularisation.

 

Le casting est plutôt bon, l’interprétation est juste et intense.

On s’attache aux héroïnes malgré qu’elle n’est pratiquement aucune qualité, ce sont de vraies connasses, des rebuts sauvées aux yeux du public par leur attachante amitié (qui pourtant les tire vers le bas, de leur propre aveu).

Adrienne Barbeau en fait un peu des tonnes, avec sa voix grave et son regard intense.

Le gros au bec de lièvre est un personnage intéressant et subtil, loin du stéréotype de redneck bête et méchant.

 

La musique de Cody Carpenter ressemble à celle de son célèbre père.

C’est du synthéwave entrainant, avec des sons graves lorsque le suspens atteint le drame.

En diégétique, on entend du rock, du blues, du rap… un condensé de culture américaine !

 

En conclusion, ce film sans prétention offre un mélange des genres, une bonne réalisation efficace, des actrices passionnées, du gore, et de super effets spéciaux… c’est le panard, pas un chef d’œuvre mémorable, mais un film surprenant, ce qui est déjà pas mal dans le genre fantastique-horrifique.