Singular
Original Title : SINGULAR
Director : Alberto Gastesi
Screenplay : Alex Merino & Alberto Gastesi
Cast : Patricia López Arnaiz, Javier Rey & Miguel Iriarte
DOP : Esteban Ramos
Producer : Alejandra Arróspide, Sergy Moreno, Aleksi Hyvärinen & Mika Pajunen
Production : White Leaf Producciones / Vidania Films / 61 North
Distribution : REASON8 Films
World Sales : REASON8 Films
Year : 2025
Country/Region : Finland, Spain
Audio : Spanish
Subtitles : EN / FR / NL
Running time : 100
Genre(s) : mystery, science-fiction, thriller
L’avis du BIFFF :
Douze ans après la mort tragique de leur fils, Diana et Martín décident de se retrouver, le temps d’un week-end dans leur ancienne maison au bord du lac.
Diana est spécialiste en intelligence artificielle et nourrit son projet d’IA avec les émotions humaines.
Martín, lui, a quitté son travail et s’est retiré de la société.
Lorsqu’un jeune homme énigmatique, qui ressemble étrangement à leur fils décédé, fait son apparition dans la maison, d’anciens traumatismes et secrets refont surface.
Et l’avenir de l’humanité pourrait bien dépendre de leur passé…
Le réalisateur Alberto Gastesi nous offre un drame de science-fiction émouvant dans lequel le deuil, la perte et l’intelligence artificielle nous donnent un aperçu assez troublant de ce qui pourrait nous attendre dans un futur proche.
Mon Humble Avis :
La Singularité c’est le moment où l’intelligence artificielle dépasse l’intellect humain.
Le message est donc anti-IA, favorisant les prises de risques inconscientes qui nous définissent en tant qu’humain.
Il aborde aussi la difficulté du deuil d’un enfant pour ses parents…
La réalisation est celle d’un suspens psychologique sérieux, avec des twists vraiment surprenants.
Les cadrages usent de beaucoup de gros plans, traquant les moindres micro-émotions sur le visage de l’héroïne.
Il y a aussi de longs plans séquences.
On voit de simples champ/contrechamp lors des dialogues.
Ce sont le plus souvent des plans fixes.
La photographie donne dans les tons jaunes et bleu/vert.
Il y a un beau soleil lors de plans naturalistes.
La lumière permet un modelé doux des reliefs.
Le montage est mou, très lent, il y a peu de coupes dans la première partie…
Puis, lors des boucles sans fin, il y a tout un jeu de montage en ellipse, jouant sur la répétition des mêmes plans avec de subtils changements, c’est assez bien géré, et cela captive notre attention et notre mémoire.
Le fait de revoir les mêmes séquences en changeant de point de vue à chaque fois est un dispositif inventé par Akira Kurosawa pour son film Rashomon en 1950.
Les décors montrent un centre universitaire spécialisé en recherche informatique, avec un labo de robotique.
Puis on voit une forêt de sapins immenses, avec une maison isolée, près d’un lac.
La bagnole encastrée dans un arbre est aussi un décor important, faisant partie du déroulé de l’histoire et de ses répétitions…
Les costumes sont plutôt sobres et réalistes, avec un léger effet suranné.
L’héroïne est en jeans et blouse de scientifique (remplacée ensuite par un impair qui lui confère la même silhouette).
Ce sont des personnages qui se fichent un peu de leur apparence, ils ont donc des fringues assez quelconques, mais cela retranscrit leur état émotionnel dépressif.
Les SFX sont inexistant, tout est suggéré dans ce récit verbeux.
On voit juste un robot féminin, en introduction et en conclusion, mélange de motion capture et de CGI, pour quelques plans bien foutus (attention c’est juste des scènes de dialogues).
Le casting nous offre une belle actrice quarantenaire, Patricia López Arnaiz, au jeu crédible et sobre.
Le personnage de l’enfant mystérieux, Andréa, a une réelle présence qui rend ses scènes intrigantes.
Globalement, il y a une bonne interprétation du trio d’acteurs principal, et tout le film repose principalement sur elle (et sur une mise en scène ingénieuse).
La musique emploie des chansons pop sur du piano joyeux.
Sinon, la BO donne dans le synthé planant, les chœurs féminins bizarres, et les sons dissonants graves.
Mais elle est peu présente.
Le bruit du vent et les sons de la forêt s’y substituent souvent.
En conclusion, le film est d’abord un peu ennuyeux avec son scénario verbeux et son ton triste, mais il devient vraiment intrigant lorsque les répétitions commencent et parvient contre toute attente à nous tenir en haleine.
Je ne peux pas dire que j’ai kiffé, mais j’ai curieusement été fasciné par toutes les questions existentielles que ça pose aux spectateurs.
Un film intéressant donc, mais qui demande vraiment beaucoup d’efforts pour suivre son histoire…











