Past Life

 

Original Title : PAST LIFE

Director : Simeon Halligan

Screenplay : Ray Bogdanovitch, Dean Lines & Simeon Halligan

Cast : Jeremy Piven, Aneurin Barnard, Pixie Lott, Tim McInnerny & Nicholas Farrell

DOP : Ali Asad

Producer : Rachel Richardson-Jones, Pierre Romain & Mike Laundon

Production : Grimmfest Films

Distribution : Grimmfest Films

World Sales : Filmmode

Year : 2025

Country/Region : UK

Audio : English

Subtitles : FR / NL

Running time : 97

Genre(s) : fantasy, mystery

 

L’avis du BIFFF :

Après un séjour costaud dans les geôles syriennes, Jason jongle entre son stress post-traumatique, son boulot de journaliste et Claira, sa femme et future mère de son fils.

Bien décidé à ne plus hurler en pleine nuit tout en perdant deux litres d’eau à chaque cauchemar, Jason – bien que sceptique sur ces méthodes de rebouteux – décide de s’essayer à l’hypnotisme pour évacuer son foutu trauma, et devenir un père équilibré qui arrête de voir des Talibans partout.

De ce point de vue là, la séance fonctionne parfaitement.

Seul bémol, il vient de découvrir qu’il était un tueur en série sadique dans l’une de ses vies antérieures…

Vous êtes friands de whodunnits sanglants ?

De puzzle mentaux qui vous font sentir aussi efficaces qu’un doigt d’honneur dans une moufle ?

Hé bien, ce nouveau thriller de Simeon Halligan est tout simplement l’équivalent cinématographique d’un redoutable page turner…

 

Mon Humble Avis :

 

Le réalisateur Simeon Halligan est aussi un organisateur de festival de cinéma, et il trouve que même si c’est compliqué de gérer un festoche, faire un film est encore beaucoup plus dur !

Pas facile en effet d’éviter les clichés du genre, et de parvenir à surprendre…

L’acteur principal, Aneurin Barnard, aussi sur scène pour présenter le film aux spectateurs du BIFFF, nous promet avec malice plus de portes que dans tous les autres films sélectionnés cette année (en effet, au BIFF on aime bien hurler « la poooorte ! » lorsqu’un personnage la laisse ouverte dans un film)…

 

Le message traite de l’hypnose, et des possibilités de revivre par elle des expériences de ses vies antérieures…

Peuvent-elles influencer notre présent ?

Quelles sont les limites de la volonté face à la manipulation mentale de l’hypnose (et des possibilités d’implantation de faux souvenirs) ?

 

La réalisation est celle d’un polar de type whodunit.

Elle évoque aussi celle du giallo italien, avec son tueur à l’arme blanche.

C’est aussi un suspens psychologique, avec des éléments horrifiques.

C’est réalisé à l’ancienne, sans style vraiment personnel marquant.

 

Les cadrages montrent beaucoup de gros plans, et même d’hyper gros plans (sur les yeux, les mains, etc)…

Ce sont des plans fixes, au pied, sauf durant les souvenirs en hypnose, qui sont réalisés en vue subjective d’un tueur de slasher (et donc en cam portée).

 

La photographie est jaunâtre, avec des contrastes doux offrant un modelé subtil, renforcé par un détourage lumineux professionnel des personnages en avant plan.

 

Le montage est nerveux, surtout dans les scènes d’hypnose, et plus tranquille dans l’enquête.

La différence entre les deux est ainsi bien marquée.

 

Les décors urbains et modernes sont assez classiques, les intérieurs font plutôt vieillots, évoquant les seventies.

L’intro évoque la Syrie en zone de guerre avec un faux plan de drone numérique.

Il y a aussi un plateau télé réaliste.

 

Les costumes sont crédibles, mais pas originaux, rien à signaler sur ce point

 

Les SFX nous montre du gore d’entrée, avec une scène de torture et un égorgement.

Il y a énormément de meurtres au couteau, et une brulure bien foutu.

Les effets numériques détériorent aussi les images lors des flashbacks d’hypnose.

 

Un casting plutôt bon a été attiré par le script malin et ambitieux.

Le héros est au départ ni photogénique ni sympathique, mais il finit par emporter notre adhésion par sa virilité et son intensité de jeu.

Curieusement Aneurin Barnard est plus gros que d’habitude dans ce métrage.

Les plus geek seront content de le retrouver, on l’avait en effet déjà vu dans Docteur Who en politicien dangereux…

 

La musique est stressante, cherchant à nous faire sursauter comme dans les slashers d’autrefois (en effet un peu ringard).

On entend des mélodies très graves durant les meurtres.

 

En conclusion, le scénario est vraiment passionnant, mais c’est dommage le réalisateur est trop débutant pour en tirer tout le potentiel : ça reste trop télévisuel comme mise en scène, et l’interprétation n’est pas poussé assez à fond.

Le film reste un bon divertissement pour les amateurs d’enquêtes tordues.