Sister

 

Original Title : SISEUTEO

Director : Sung-moon Jin

Screenplay : Sung-moon Jin

Cast : Zi-so Jung, Soo-hyuk Lee & Joo-young Cha

DOP : Bong-sun Byun

Producer : Yi-jun Choung

Production : Wind Up Film

Distribution : Redice Entertainment

World Sales : Redice Entertainment

Year : 2026

Country/Region : South Korea

Audio : South Korean

Subtitles : EN / FR / NL

Running time : 87

Genre(s) : mystery, survival, thriller

 

L’avis du BIFFF :

Sur le papier, le coup était on ne peut plus simple : kidnapper So-jin, la maintenir captive dans un lieu paumé et complètement insonorisé et attendre que son père richissime lâche la rançon.

Juste par avidité dans ce monde capitaliste ?

Que nenni, nos ravisseurs ont désespérément besoin de ce pognon : que ce soit pour l’opération hors de prix d’une sœur dans le besoin, ou pour un pauvre gamin qui est entre la vie et la mort.

Alors oui, ça donne un petit côté « Robin des Bois » qui soulage la conscience.

Sauf que So-jin a coupé tous les ponts avec son connard de paternel, et que les motivations des ravisseurs semblent être un nid de coups fourrés et de mensonges qui risquent de se retourner contre eux…

Pour les plus aguerris, ça vous rappelle certainement THE DISAPPEARANCE OF ALICE CREED.

Par contre vous ne savez pas encore pourquoi son remake coréen s’intitule SISTER.

Héhéhéhé…

 

Mon Humble Avis :

 

La Disparition d'Alice Creed (The Disappearance of Alice Creed) est un thriller britannique écrit et réalisé par J. Blakeson, sorti en 2009

Film indépendant se déroulant à huis clos et ne comprenant que trois personnages, il narre l'histoire de l'enlèvement d'une jeune femme (Gemma Arterton), fille d'un homme riche, par deux anciens taulards (Eddie Marsan et Martin Compston).

Reckless (Bloedlink) est un thriller hollandais de 2014 réalisé par Joram Lürsen, qui est un remake en néerlandais du film de 2009.

Le film a fait l'objet d'un second remake allemand en 2019 : Kidnapping Stella.

Sister est par conséquent le troisième remake, coréen cette fois, du film d’origine !

On peut se demander si tout cela est vraiment nécessaire (surtout sur un sujet aussi mince qu’un simple kidnapping), mais vu l’argent gagné jusque-là avec le peu investi, on comprend mieux les producteurs…

Le seul apport de ce film aux versions précédentes (de l’aveu même du réalisateur) est d’avoir changé le sexe d’un des kidnappeurs, en faire une femme modifiant les relations dans le trio.

 

Le message est justement sur notre rapport à l’argent.

Comment l’argent peut-il nous rendre fou, et comment influence-t-il nos relations affectives…

Avoir deux femmes sur trois protagonistes permet d’avoir plus de sensibilité selon le réalisateur, et en tout cas d’aborder la question de la condition de la femme en Corée.

 

La réalisation mélange des aspects de polar, de torture porn, et de suspens psychologique.

 

Les cadrages offre une bonne variété de valeurs de cadres.

Il y a un jeu sur la profondeur de champ, avec des flous d’avant ou d’arrière-plan.

La pluparts des plans sont filmés sur pied ou sur rails, mais il y a aussi un peu de cam portée.

Des plans obliques insistent sur la panique ou la tension.

 

La photographie est souvent dans les tons orange, avec des contrastes forts aux ombres bien marquées.

L’image est nette et lisible.

 

Le montage est nerveux, la préparation du lieu par les ravisseurs est un clip dès le générique.

Les hyper gros plans sur le matos évoquent ceux qu’on voit dans les films de Sam Raïmi ou d’Edgar Wright.

Malheureusement les péripéties sont assez répétitives et verbeuses…

Du coup, le métrage se traîne jusqu’à l’accélération de la dernière partie, où tous les protagonistes s’affrontent.

 

Les décors urbains nous sont d’abord présentés sous une pluie battante.

Tout se déroule en huis clôt dans une baraque à l’abandon, à moitié en ruines, isolée dans un quartier en travaux.

Elle est réinstallée par les personnages, en un véritable bunker.

C’est un espace réduit, dû à un budget de production réduit.

La déco est dans les tons bleu-vert.

Au bout d’un moment, le spectateur connait bien la configuration des lieux, c’est assez immersif.

 

Les costumes sont réalistes et sobres.

L’otage est BCBG, et les kidnappeurs sont assez neutres dans leurs bleus de travail.

Le méchant porte un blouson de cuir de bad guy pour mieux catégoriser son personnage (des fois qu’on avait pas compris que c’était une crapule en le voyant taper des femmes)…

 

Les SFX se contentent de blessures (de légères à graves) au maquillage traditionnel, le plus souvent occasionnée à mains nues, ou avec des armes improvisées.

 

Le casting a un jeu réaliste, la tension est palpable.

Il y a plusieurs retournements de pouvoir en les personnages se menaçant les uns les autres…

On est dans la nervosité et les cris.

Notons que l’interprétation crédible du méchant amoral, sans aucune empathie, est assez glaçante.

 

La musique est assez rock, avec une prédominance de guitare basse, et des percus électro pour faire monter le stress.

Elle retransmet bien la tension nerveuse, mais c’est un peu tout le temps la même chose…

 

En conclusion, la proposition est minimaliste, elle essaie de tenir sur quelques rebondissements, mais personnellement j’ai trouvé ça un peu insuffisant (et surtout prévisible).