Love Kills

 

Original Title : LOVE KILLS

Director : Luiza Shelling Tubaldini

Screenplay : Luiza Shelling Tubaldini

Cast : Thais Lago, Gabriel Stauffer, Iuri Saraiva & Erom Cordeiro

DOP : Jacob Solitrenick

Producer : Magali Assenço, Luiza Shelling Tubaldini, André Skaf & Edgard de Castro

Production : Filmland Internacional / Warner Bros. Discovery

Distribution : Reel Suspects

World Sales : Reel Suspects

Year : 2025

Country/Region : Brazil

Audio : Portuguese

Subtitles : EN / FR / NL

Running time : 96

Genre(s) : drama, romance, vampire

 

L’avis du BIFFF :

Marcos travaille comme serveur dans un café miteux du centre-ville de São Paulo, ravagé par le crack.

Chaque soir, il sert un café noir à une mystérieuse inconnue qui hume l’arôme sans jamais y tremper ses lèvres.

C’est parce qu’Helena préfère le sang, et le quartier de Marcos est son terrain de chasse.

Mais, dernièrement, des intrus ont décidé de braconner son garde-manger et la défient ouvertement dans une guerre de territoire.

Évidemment, Marcos ignore tout cela: il est juste fasciné par Helena, et il aimerait bien apprendre à mieux la connaître.

Ses hobbys, sa couleur préférée, son groupe sanguin de prédilection, les trucs habituels, quoi…

Alors, elle lui propose une nouvelle version de “Vis ma vie”, avec une plongée terrifiante dans les bas-fonds du monde méconnu des vampires, et ça risque d’être plus chahuté qu’un cours accéléré de samba…

 

Mon Humble Avis :

 

Luiza Shelling Tebaldini produit 17 films avant de devenir réalisatrice, et c’est ici son troisième film.

 

En tant que femme transsexuelle, le mythe vampirique s’apparente à sa propre condition : une entité étrange et inadaptée au monde, à la recherche de son identité…

Un dialogue durant une bagarre entre vampires insiste sur cette approche :

« C’est qui la femme ? » crie la vampire blonde en envoyant son adversaire s’écraser contre un mur.

Le message est donc celui de l’intégration, et il passe forcément par la romance entre les deux personnages principaux.

Curieusement, le thème de la réincarnation et des vies antérieures est rajouté à la tradition du mythe vampirique…

 

La réalisation dresse le portrait d’une société brésilienne en pleine déliquescence.

L’attirance romantique d’un individu mortel pour un vampire est devenue un sous-genre en soi (Near Dark, entretien avec un vampire, Twilight, etc)…

Ici on a presque l’impression de voir l’illustration d’une partie de jeu de rôle de Vampire la Mascarade.

 

Les cadrages privilégient les gros plans, mais il y a une bonne variété de valeurs de cadres.

Ce sont principalement de la cam portée.

Ils emploient aussi l’architecture pour faire du hors champ, et de la mise en abîme (recadrage dans le cadre).

 

La photographie emploie une lumière jaune pour modeler les reliefs.

Les teintes rouges sont privilégiées à l’arrière-plan.

On voit énormément de scènes nocturnes, le film se déroulement pratiquement entièrement de nuit.

 

Le montage accélère souvent le défilement des images.

Il est plutôt nerveux.

On ne s’ennuie pas, malgré un léger « ventre mou » au centre du métrage, il y a suffisamment de péripéties pour relancer notre attention.

 

Les décors démarrent aves une centrale d’épuration des eaux, avant de nous montrer des rues d’un quartier populaire de Sao Paulo, et le bar ou bosse le personnage principal.

Dehors, les murs y sont tagués, il y a partout des poubelles qui trainent, et des SDF qui dorment à même le sol…

La vampire dort dans sa baignoire remplie de terre, en guise de cercueil.

L’appartement du héros est bien crade.

L’intérieur bourgeois du maître vampire est assez intemporel dans sa déco.

Un combat dans un parking entre vampires évoque l’intro du film Highlander.

 

Les costumes adoptent le cuit moulant pour la vampire sexy.

Ils sont globalement assez stylés fashion.

On voit par exemple une jupe de plumes.

Les méchants vampires ont des looks de simples voyous.

Le grand vilain porte un manteau de fourrure (sans doute pour accentuer sa carrure).

Le maître vampire sympathique porte des boucles d’oreilles en forme de dés à six faces (encore un clin d’œil au jeu de rôle ?)…

 

Les SFX exagèrent les pouvoirs des vampires : par exemple, leur décollage en vol est si rapide que ça en devient caricatural.

Ils passent au travers des grilles en devenant de la fumée en moins d’une seconde, etc…

A leur mort, ils tombent en poussière.

La bataille finale est dans un emo-center (une banque de sang) dont l’extérieur est fait en synthèse.

Le grand vilain utilise des pouvoirs de télékinésie qui sont bien rendus à l’écran : l’air vibre, les corps de ses cibles se tordent et craquent, se vidant de leur énergie vitale…

Il a de plus un maquillage intéressant avec les veines apparentes.

 

Le casting nous présente une belle vampire, et un anti-héros pathétique (on se demande un peu ce qu’elle lui trouve).

Luiza Shelling Tebaldini, la productrice-scénariste-réalisatrice, s’est réservé le rôle du maitre vampire sympatrique.

Iel a un physique forcément androgyne, et est de petite taille, du coup avec son look de vampire ça donne une créature fantastique entre le lutin de Legend et l’enfant qui ne vieillit pas du Tambour.

 

La musique donne d’abord dans la techno diégétique, puis la BO reste elle aussi plutôt électro.

Elle est un peu morne, c’est de l’ambiant de suspens, avec un piano nostalgique en arrière-plan.

 

En conclusion, cette vision des vampires et plus inspirée par Underworld ou la saga Blade que par Nosferatu !

On y trouve quelques idées originales, mais pas assez pour renouveler un genre ultra épuisé.

Néanmoins, la romance est agréable, et le film se regarde sans ennui.