Silver Screamers

 

L’Avis du FEFFS :

 

Il n’est jamais trop tard pour embarquer dans une nouvelle aventure ! 

Silver Screamers suit des seniors qui se voient proposer de participer à la réalisation d’un court métrage horrifique dans leur maison de retraite.

Ce documentaire, drôle et profondément attachant, célèbre à la fois l’enthousiasme pour le cinéma de genre de ces parfaits néophytes, mais aussi l’énergie de la création et le lien social qui en résulte.

Parfaitement encadrées, plus à l’aise dans l’exercice qu’on aurait osé l’imaginer, les personnes âgées trouvent dans cette activité cathartique l’impulsion de la création tout en posant sur le cinéma d’horreur un regard neuf et quelque peu candide.

 

Canada – 2025 – 1hr35

Director: Sean Cisterna

Producers: Ivonete de Sousa, Sean Cisterna, Judy Gladstone

Writer: Sean Cisterna

Actors: Diane Ament, Bari-Lynne Butters, Lucia Paterra Catania

 

Mon Humble Avis :

 

Le tournage du court métrage « The Rug » fait l’objet d’un making of, devenu finalement ce documentaire exploité à part (le court sera visible dans 6 mois en streaming).

Le réalisateur est venu en faire la promo seul, car son équipe du troisième âge n’est pas transportable d’un continent à l’autre.

Il les amènera par contre sur des festivals américains ou canadiens.

Il nous raconte le long processus qui a permis au documentaire d’exister : ne trouvant pas de financement pour The Rug, il a pensé à cette astuce pour obtenir des budgets destinés aux activités culturelles pour seniors, et l’expérience a été si enrichissante que ça a ensuite donné naissance à ce projet parallèle narrant le tournage, mais aussi les parcours des personnes impliquées.

 

Le genre horrifique a été choisi exprès pour sortir ces gens de leur zone de confort, et leur proposer une activité inédite sortant de leur quotidien parfois morose.

Rien de tel qu’une expérience novatrice pour se ressourcer et retrouver sa créativité intérieure…

 

Le message est donc de ne pas avoir peur de prendre de l’âge, on peut toujours rencontrer de nouveaux amis, utiliser son imagination et sa débrouillardise, et démontrer aux plus jeunes qu’on a encore de la ressource !

 

La réalisation oscille entre documentaire traditionnel et série B, privilégiant les dialogues spirituels et les situations drôles.

Des images d’archives, montages avec photos ou vidéos, retracent les bios narrés par les protagonistes eux-mêmes.

Il y a quelques beaux plans à la grue, et un ralenti bien comique sur nos héros avançant vers la caméra en déambulateur, pour la première de leur film.

 

La photographie est colorée et lumineuse.

 

Le montage est enjoué, rapide, centré sur le rythme idéal pour le comique de situation.

 

Les décors réels canadiens permettent d’admirer une maison classée au patrimoine historique (comme un écomusée) ainsi que les maisons de retraite et autres lieux associatifs où l’équipe est d’abord recrutée.

 

Les costumes sont évidemment réels aussi, présentant extérieurement les fortes personnalités (parfois excentriques) de nos héros.

 

Les SFX use de prothèses en silicone et de faux sang au cours du tournage gore, on voit aussi l’un des vieux manipuler le tapis maléfique avec du fil à pêche comme une marionnette.

 

Le casting montre des gens réels, puisque c’est un documentaire, provenant de différents milieux, avec des backgrounds très variés.

La vieille dame qui se retrouve ingénieur du son a bien du mal à manipuler un simple interrupteur marche-arrêt, on se rend bien compte à quel point apprendre et mémoriser de nouvelles choses est difficile à cet âge avancé.

Curieusement, il n’y a aucun conflit durant le tournage, le bénéfice de la sagesse acquise, sans aucun doute.

Par contre gérer les baisses d’énergie des personnes âgées a créé des difficultés inimaginables pour organiser le travail…

 

La musique caricaturale reprend les stéréotypes du genre horrifique et comique, mais ça semble effectivement nécessaire pour planter la situation de départ avec des thèmes bien marqués.

Par contre, elle aurait pu évoluer pour plus de subtilité par la suite, dommage…

 

En conclusion, le documentaire me rappelle ma propre expérience avec un acteur âgé (Jean-Luc Risch) sur mes films amateurs.

Le making of d’un court horrifique est souvent mieux que le film lui-même, surtout dans la série B à petit budget, mais on aurait quand même aimé que le film soit adjoint au docu, lors de la première par exemple, afin de juger sur pièce du résultat.

En tout cas, nos seniors sont redevenus actifs, ils ont fait du bon travail, et peuvent être fiers d’eux.

Silver Screamers est un film amusant et original, une bonne surprise.