Kraken
Original Title : KRAKEN
Director : Pål Øie
Screenplay : Vilde Eide
Cast : Sara Khorami, Mikkel Bratt Silset, Ingvild Holthe Bygdnes, Jenny Evensen & Steinar Klouman Hallert
DOP : Sjur Aarthun
Producer : John Einar Hagen & Einar Loftesnes
Production : Nordisk Film Production AS
Distribution : TrustNordisk
World Sales : TrustNordisk
Year : 2026
Country/Region : Norway
Audio : Norwegian
Subtitles : EN / FR / NL
Running time : 100
Genre(s) : monster movie
L’avis du BIFFF :
Johanne est une biologiste marine basée à Vangsnes, sympathique village posé sur les rives du Sognefjord.
Un cadre idyllique avec des falaises qui culminent à 1000 mètres et un fjord énorme – le plus grand d’Europe, paraît-il – qui est tout aussi profond.
Bref, y a de quoi fouiller pour Johanne.
La seule ombre au tableau, c’est ce promoteur avide qui rêve de transformer ce sanctuaire en mare à sushis vivants pour ses clients japonais.
Puis, l’ombre va grossir avec la mort brutale et soudaine de deux ados de la région.
Et cette ombre va alors s’étaler dans les profondeurs du fjord, comme si toute cette agitation avait dérangé le paisible sommeil d’une bestiole mythique.
Du genre immense.
Féroce.
Tentaculaire.
Vorace.
Et furieuse de ce tapage incessant !
ça sent le petit casse-dalle du siècle pour se calmer, on vous le dit…
Mon Humble Avis :
L’ambition du film est de ramener le kraken en Scandinavie, d’où il est originaire mythologiquement, après sa réappropriation culturelle par le cinoche américain (les Pirates de Caraïbes notamment).
En effet, bien que le nom kraken n'apparaisse jamais dans les sagas scandinaves, cette créature vient de Norvège.
Il existe des monstres marins, le Hafgufa et le Lyngbakr, décrits dans la saga d'Örvar-Oddr et dans le Konungs skuggsjá, œuvre norvégienne de 1250.
Il y a eu des témoignages modernes de son apparition, et le générique en montrent certains dans des images télévisées d’archive.
C’est surement le succès des films Troll (1 & 2) qui a permis la production de ce film.
Le message montre la nature comme une source de danger si on la détériore.
Il aborde les risques de la pollution industrielle sur nos écosystèmes, avec notamment l’élevage intensif de saumons dans les fjords.
C’est toujours une sale histoire de fric !
La réalisation de ce film de monstre privilégie le réalisme, avec une approche scientifique.
Il y a une volonté de sérieux avant tout, mais ça répond à nos attente en terme de film catastrophe.
C’est de l’aventure au premier degré, sans cynisme parodique.
Les cadrages sont souvent en cam portée.
Il y a beaucoup de plans larges dans des décors naturels immenses.
On voit aussi de nombreuses scènes sous-marines.
La photographie montre des extérieurs lumineux, des scènes nocturnes lisibles.
Globalement, c’est très pro, c’est une bonne production avec les moyens de ses ambitions.
Le montage est rythmé, et emploie quelques fondus.
La mise en place et la présentation des personnages prennent leur temps…
Il y a des hyper gros plans de préparation du matos, comme dans un film de Sam Raïmi.
Le montage permet aussi de l’humour de juxtaposition de plans, comme lorsqu’apparait le boss sur son scooter des mers, mais en costard-cravate !
Les décors exploitent un fjord superbe, un petit port, une station de pisciculture.
Il fut compliqué de filmer dans ces espaces réduits.
Les costumes ont des touches de rouge ou d’orange pour équilibrer le bleu et le vert des décors naturels.
Evidemment on porte beaucoup de combinaisons de plongée.
Les SFX commencent par un avion numérique, puis montrent d’abord une sorte de parasite venant du corps du kraken :
C’est comme une sorte de trilobite géant, réalisé avec un mélange d’animatronique et d’animation 3D.
Son autopsie permet de montrer un sang bioluminescent original.
Les tentacules et effets liquides sont animés en images de synthèses de façon hyper réalistes.
Le premier gros plan où l’on voit un tentacule passer juste au-dessus de l’héroïne est stupéfiant de réalisme et de détails.
Le casting nous montre une excellente actrice principale, Sara Khorami, à la beauté très naturelle qui change des normes hollywoodiennes.
Il y a quelques tronches folkloriques dans le cast, comme la fliquette, le gros informaticien, ou les jeunes écos militants…
Tous les persos sont attachants, ce qui va renforcer le suspens lorsque la catastrophe se produit.
La musique donne dans les cors graves, ou l’ambiant planante, ça donne une atmosphère sympa.
On entend aussi du rock et de la techno diégétique chez les jeunes, et du classique chez les vieux (une dichotomie caricaturale).
En conclusion, même si le monstre et l’action mettent du temps à arriver, ça fonctionne très bien car on s’est attaché à ce microcosme et aux protagonistes.
Finalement le kraken assure à max.
Un bon petit film de monstre, cool et divertissant, avec un sous-texte politique important.












