New Group

 

L’Avis du FEFFS :

 

Ai, lycéenne timide, se rapproche de Yu, un nouvel élève rebelle.

Un jour, des dizaines d’écoliers se mettent soudain à former une immense pyramide humaine.

En refusant de céder à ce rituel absurde, Ai et Yu deviennent des parias puis des cibles, traquées autant par leurs professeurs que par leurs camarades.

Thriller d’horreur sociale glaçant, New Group est l’OFNI (objet filmique non identifié) de cette 18e édition.

Sa mise en scène stylisée et troublante évoque l’univers du mangaka Junji Itō, où l’horreur naît moins du sang que de l’étrangeté et de l’absurde.

D’une actualité brûlante, le film dépeint une société où résister à l’uniformisation relève de l’instinct de survie.

 

Japan – 2025 – 1hr22 

Director: Yûta Shimotsu

Producer: Tsuyoshi Kobayashi

Writers: Yûta Shimotsu, Momoko Sahara

Actors: Anna Yamada, Yuzu Aoki, Pierre Taki

 

Mon Humble Avis :

 

Boire du lait en un temps record, avaler des dosettes de lessive, manger des bonbons à l’azote liquide pour obtenir des likes, etc…

Ces défis aussi absurdes qu’inquiétants connaissent une énorme popularité sur le réseau social TikTok.

Stupides, ces défis sont aussi très dangereux.

De nombreux défis sur internet ne sont qu’un prolongement moderne de la prise de risque qui a toujours tenté les adolescents.

En effet, rien de nouveau sous le soleil : à l’adolescence, on explore son identité et on cherche à se faire accepter par ses pairs.

Le « T’es pas cap ! » ne date pas d’hier.

Enfin, il faut souligner la part de responsabilité des médias, qui se sont parfois fait le relai de challenges morbides qui n’étaient en fait que des épiphénomènes, voire des légendes urbaines.

Dans la course au clic, certains médias n’ont pas pris le temps de se poser des questions pourtant essentielles.

Quand on fait tout un battage autour d’un obscur challenge au suicide, on risque par cette publicité de faire exister le phénomène contre lequel on voulait mettre en garde.

Parler de ces challenges dangereux et, en fait, inexistants, peut donner des idées à des ados vulnérables, qui sans les médias auraient continué à tout ignorer du prétendu challenge en question.

 

Le message parle du harcèlement en milieu scolaire, de la mauvaise influence des réseaux sociaux et des médias (du « trop d’écrans » dans nos sociétés modernes), de la force du groupe, et des difficultés due à l’exclusion sociale…

Force est de constater à quel point le Japon va mal dans ces domaines !

 

La réalisation fait dans l’horreur psychologique.

Comme dans un manga de Junji Ito, un phénomène absurde et dérangeant prend progressivement de l’ampleur, jusqu’à atteindre un délire absolument démentiel.

 

Les cadrages emploient beaucoup de travellings.

Il y a une bonne variété de valeurs de cadre.

 

La photographie use des couleurs de l’automne, et du blanc cassé, il y a très peu de teintes vives.

 

Le montage est speed lors du cauchemar d’intro, mais devient par la suite très lent.

Les passages horrifiques sont un poil plus nerveux.

 

Les décors nous montrent un lycée, son stade, une maison familiale, dans la banlieue de Tokyo, avec de la nature aux alentours.

L’intérieur de la pyramide humaine offre un décor surréaliste au possible, évoquant l’univers de « Symbol » d’Hitoshi Matsumoto.

 

Les costumes sont réalistes, rien à signaler, on voit surtout des uniformes d’étudiants.

 

Les SFX (peu nombreux) proposent une vue de la voie lactée, et du Japon depuis l’espace, en CGI.

L’image de synthèse permet aussi de visualiser la pyramide humaine, et le rayon d’énergie en fusant jusqu’au ciel.

 

Le casting a un jeu naturel pour dépeindre le quotidien d’abord banal des protagonistes, puis vire au surjeu lors des scènes de trauma.

Les acteurs japonais nous paraissent vite excessifs dans les moments où ils se lâchent, tant le carcan social où ils vivent est étouffant et castrateur.

L’héroïne Anna Yamada est une femme enfant très kawaï, qu’on a déjà vue sur Netflix dans la série « Golden Kamui ».

Elle joue les crises d’angoisse de son personnage avec crédibilité et sobriété.

Il y a beaucoup de jeunes dans la distribution, et des cascadeurs assez souples pour les doubler dans les acrobaties les plus délirantes (même si les pires sont en synthèse évidemment).

Les différents personnages sont plutôt attachants.

 

La musique nous fait entendre des sons très graves, et beaucoup de percussions nippones.

On y entend aussi des battements de cœur, ou de la respiration saccadée, mixés avec ces mélodies inquiétantes.

 

En conclusion, le scénario de ce film est intriguant, et ce curieux métrage est agréable à suivre malgré ses longueurs.