The son
Original Title : A-DEUL-I JUK-EOT-DA
Director : Ji-hyun Na
Screenplay : Sujin Lee
Cast : Seung-jo Jang, Seol Lee, Moonsung Shin, Suk-hyeong Lee, Dongha Ko & Ja-un Choi
Photography : Inhyuk Song
Producer : Doyeon Cho
Production : Rednine Pictures
Distribution : CJ ENM (O'PEN)
World Sales : CJ ENM (O'PEN)
Year : 2024
Country : South Korea
Running time : 81'
Genre(s) : drama, science-fiction
L’avis du BIFFF :
Kang Taehwan est l’un des acteurs les plus populaires de Corée, mais son ambition démesurée l’a rendu complètement alcoolique.
Heureusement, comme tout acteur qui se respecte, il a un chauffeur qui le ramène chez lui en toute sécurité pendant qu’il cuve sur la banquette arrière.
Mais, un soir, alors qu’il émerge de l’un de ses trop nombreux comas éthyliques, il se retrouve au volant de la voiture, avec du sang sur toutes ses fringues et zéro chauffeur dans les parages…
Si les flics ne croient pas une seconde à sa version, ils lui offrent néanmoins une porte de sortie: mettre ses talents d’acteur au service d’une expérience secrète, impliquant une réalité virtuelle qui permettrait de résoudre des affaires non résolues, dont celle d’un garçon mystérieusement décédé en 2004…
Mon humble avis :
La scénariste Sujin Lee (dont c’est le premier script porté à l’écran) et la réalisatrice Ji-hyun Na sont présentes au BIFFF pour présenter le film.
Enfin un scénario qui propose de l’inédit, avec plusieurs niveaux de récits enchevêtrés : la réalité vécue par l’acteur, le tournage du film auquel il participe, et le monde virtuel dans lequel il évolue pour le ministère de la justice, tout ça bien-sûr étant interconnectés…
Le message aborde le milieu du cinéma, et surtout du star-system coréen, avec ses mégalomanies et ses rivalités.
Il questionne aussi l’usage de la réalité virtuelle, des IA, dans les futurs processus juridiques, en en proposant un usage malicieux (que je ne peux pas spoiler sans ôter de l’intérêt au film).
Enfin, il décrit le changement de personnalité due aux responsabilités de la parentalité (même virtuelle) !
La réalisation utilise une mise en place qui paraît de prime abord WTF, en tout cas qui nécessite un peu de suspension d’incrédulité.
Elle mélange des effets d’un film d’anticipation et ceux d’un polar mystérieux.
Les cadrages sont pros et variés, on voit par exemple des ralentis sur les expressions en gros plans de fierté du père virtuel, ou de superbes plans au drone sur des déplacements en voiture.
Ce sont des éléments qui auraient pu être filmés plus simplement, mais pour lesquels on déploie des moyens conséquents, pour tout peaufiner au mieux.
La photographie est lumineuse, bleutée en ville, naturaliste ensoleillé à la campagne.
Ça use de couleurs chaudes, avec des touches de bleu et de jaune omniprésentes.
Le montage est rapide, à l’image du clip de générique de début où l’on voit l’acteur se préparer à sortir avec un perfectionnisme maniaque concernant sa tenue.
Certains mouvements aériens à la grue sont accélérés par des coupes.
On a vraiment fait en sorte de ne pas « se regarder filmer », et de n’accorder à chaque plan que sa juste place signifiante pour servir le récit.
Les décors nous présentent le côté luxueux et bling bling de Séoul, puis une campagne plus bucolique.
Il y a un effort sur la salle de réalité virtuelle, afin qu’elle fasse futuriste tout en restant sobre.
Les costumes sont contemporains, rien à signaler.
Le héros est tout en noir, stylé.
Les SFX sont utilisés pour mettre des infos en surimpression de l’image dans l’univers virtuel, comme de la réalité augmentée.
Il y a aussi des déformations de l’image lors des transitions virtuel/réel.
Le casting est juste, chacun colle parfaitement à son rôle.
Le personnage de la star est imbu de lui-même au possible.
Jang Seung-Jo, surtout connu pour des dramas télé, l’interprète avec intensité.
C’est un beau gosse (mais avec des oreilles étranges), il rend parfaitement l’humanisation progressive, et tragique, de son personnage.
Choi Ja-Yoon l’enfant acteur est affreux et kawaï à la fois !
Il y a plusieurs enfants, d’âges différents, dans ce casting.
La musique est peu présente, c’est surtout du piano et des violons forçant l’émotion.
Pour les passages mystérieux, c’est plus électronique à la Carpenter, sans égaler ce maestro.
En conclusion, il est étrange de constater que le récit auquel on s’attache le plus en tant que spectateur est le plus virtuel !
C’est vraiment un film malin, on ne sait jamais dans quelle direction il va nous emporter, et ça fait du bien…
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