Customs frontline


Director : Herman Yau
Screenplay : Erica Li & Eric Lee
Cast : Jacky Cheung, Nicholas Tse, Karena Lam & Yase Liu
Photography : Joe Chan
Producer : Jason Siu
Production : Emperor Motion Pictures
Distribution : Emperor Motion Pictures
World Sales : Emperor Motion Pictures

Year : 2024
Country : Hong Kong
Running time : 115'

Genre(s) : action, thriller

 

L’avis du BIFFF :

Après avoir alpagué un cargo qui naviguait sans autorisation sur les eaux territoriales de Hong Kong, les douaniers découvrent à bord un véritable charnier et une énorme cache d’armes illégales.

Encore un coup des Ricains qui ont peu apprécié la réponse chinoise aux droits de douane de l’agent Orange ?

Même pas, et c’est pire : l’enquête va amener nos fins limiers au cœur d’un réseau de contrebande internationale aux proportions inimaginables…

Herman Yau, le stakhanoviste de Hong Kong à qui l’on doit notamment SHOCKWAVE, embarque Nicolas Tse et Jacky Cheung, deux autres icônes du cinoche HK, pour un concentré d’action pure défiant toutes les lois de la physique.

En même temps, c’est tellement badass qu’on s’en fout, tant qu’on en prend plein les mirettes !!

 

Mon humble avis :

 

Curieusement, alors que Hong-Kong est avant tout un port marchand, le thème de la défense navale reste assez original dans la pléthore de polars produits (à part « Le marin des mers de Chine » et sa suite de Jackie Chan).

Herman Yau est surtout connu des amateurs de cinéma extrême pour ses deux films trash classés Category 3« The Untold Story » et « Ebola Syndrome » (qu'il revendique d'ailleurs comme étant son film majeur, car selon lui, le plus abouti par rapport à sa vision et sa volonté d'origine), mettant en scène le prolifique acteur Anthony Wong.

Il effectue par ailleurs une carrière remarquée de directeur de la photographie, notamment sur « Time and Tide » de Tsui Hark (déjà avec Nicolas Tse comme héros).

Ironiquement, aujourd’hui il dirige de gros blockbusters avec les plus garde stars de l’archipel, c’est un travailleur acharné (il a dirigé pas moins de quatre films en 2023 par exemple) !

 

Le message dénonce la contrebande d’armes et la corruption policière impliquée.

 

La réalisation est d’un classicisme rigoureux, presque bizarre pour Herman Yau.

On le retrouve malgré tout dès que vient la tension et l’action, avec des cadres plus audacieux, qui se télescopent dans un montage trépidant.

 

Les cadrages ont une bonne variation de valeurs de cadres.

Il y a un jeu sur la mise au point, avec des premiers plans ou des arrières plans flous.

Certains plans larges sont filmés au drone pour survoler les mouvements marins des embarcations.

 

La photographie use de couleurs saturées, bleu et orange, avec une lumière jaune, ça donne une image bien contrastée.

C’est une grammaire visuelle assez académique.

Il y a une insistance sur la couleur jaune (filtre et étalonnage numérique) lorsqu’on est en Afrique (sans doute pour insister sur la chaleur).

 

Le montage est plutôt rapide, il y a une belle fusillade dès l’intro, suivie de poursuites maritimes…

Quand ça bouge, ça envoie vraiment du lourd !

Ça va même parfois trop vite, difficile à suivre, en tout cas aucun ennui n’est possible.

 

Les décors montrent le port marchand de Hong Kong, de vrais bateaux, un porte container, les bureaux officiels du service des douanes…

On va aussi au Moyen Orient et en Afrique.

C’est vraiment une grosse production, un blockbuster chinois sans aucun doute.

 

Les costumes utilisent les uniformes réels, impeccables sans un pli !

 

Les SFX représentent surtout les impacts des centaines de balles, et les nombreuses explosions, on a aussi une tempête en synthèse.

La scène de l’avion soulevant un container, et une voiture par erreur, avec Nicolas Tse passant de l’un à l’autre en mitraillant les assaillants, est digne d’un « Mission impossible » avec Tom Cruise !

La fin se transforme carrément en film catastrophe, avec écrasement des établissements en quai par le pote container hors de contrôle, vraiment sur ce point Hong Kong rivalise sans peine avec Hollywood.

 

Le casting utilise deux énormes stars : Nicolas Tse et Jackie Cheung.

Né le 29 Août 1980 à Hong Kong, Nicholas Tse a passé la majeure partie de sa jeunesse à Vancouver et Phoenix (Arizona).

Fils de deux comédiens appréciés du public hongkongais, Patrick Tse et Deborah Li, il débute comme chanteur en 1996, sous contrat avec Fitto Entertainment Ltd.

En 1997, il participe au grand concours annuel de chansons de la Radio de Hong Kong.

En mai de la même année, son premier album : My Attitude, débute à la troisième place du hit-parade local, s'impose en tête des ventes deux semaines d'affilée et sera certifié Disque de platine avec plus de 50 000 exemplaires vendus à Hong Kong.

Depuis, l'artiste a fait de nombreuses tournées à guichets fermés, à travers la Chine et l'Asie, notamment à Singapour, Tokyo et Osaka.

En 1998, Nicholas Tse se lance dans le cinéma avec Young and Dangerous : The Prequel de Andrew Lau, qui lui vaut le Hong Kong Film Award du meilleur espoir masculin.

Il confirme rapidement sa popularité avec Time and Tide de Tsui Hark, Metade Fumaca (1999) de Kam-Hung Yip, Gen-X Cops (1999) de Benny Chan, Comic King (2000) de Sing-Pui O et My Schoolmate, The Barbarian (2001) de Siu Hung Cheung et Jing Wong et en 2004 enchaînera une série de films dont New Police Story de Benny Chan, avec Jackie Chan.

On le retrouve en 2006 dans Wu Ji, la légende des cavaliers du vent de Chen Kaige…

Ici, Tse est aussi chorégraphe martial, prouvant ses capacités réelles dans les arts martiaux chinois, à mains nues comme au bâton, usant de clefs de bras crédibles, exploitant même les éléments du décor (comme par exemple le type assommé par le moteur du Zodiac en sautant dedans).

Il joue le flic tourmenté et nerveux (son ex est dans l’équipe, et meurt pendant une fusillade).

Le film est conçu en l’honneur d’une véritable force de sécurité de Hong Kong, d’où un jeu un peu coincé pour représenter ce héros motivé par son devoir.

Jacky Cheung, de son vrai nom Cheung Hok-yau (né en 1961), est un chanteur et acteur hongkongais.

Avec plus de 25 millions de disques vendus en 2003, il est considéré comme l'un des « Quatre rois célestes de la cantopop » et est surnommé le « Dieu de la chanson » à Hong Kong.

Bien que Cheung soit surtout connu en tant que chanteur, il a également joué dans de nombreux films et a reçu le prix du meilleur second rôle masculin lors de la 8e cérémonie des Hong Kong Film Awards pour As Tears Go By (1988) ainsi que le Golden Horse Award du meilleur second rôle masculin pour Swordsman (1990).

La même année, il collabore également avec John Woo et Tony Leung pour le film Une balle dans la tête.

En matière de performances cinématographiques, Jacky Cheung a tourné dans plus de 60 films, plus particulièrement dans de nombreuses comédies, drames et films artistiques.

Ici, à 64 ans à peine grisonnant, il joue le chef sage et humble, avec toujours son sourire malicieux…

Mais ça cache un rôle bien plus complexe, avec évidemment une fêlure, et une folie contenue prête à éclater.

Du grand Jackie Cheung comme on l’aime, au top de sa forme !

Notons aussi la présence du toujours excellent Francis Ng en chef du service dont on se méfie…

Il ose déclarer : « La gentillesse et le travail acharné sont inutiles, seule compte la politique » !

 

La musique de suspens est bateau (sans jeu de mot), usant de sons graves, et pour l’action on entend des riffs de guitare électrique.

 

En conclusion, le réalisateur Herman Yau s’est certes assagi, il a appris à utiliser le système, mais est resté un artisan solide du film d’action hongkongais.

La catégorie 3 est toujours là, sous-jacente, en filigranes, dans son style rentre-dedans indétrônable.