The ice tower


Original Title : LA TOUR DE GLACE
Director : Lucile Hadžihalilović
Screenplay : Geoff Cox & Lucile Hadžihalilović
Cast : Marion Cotillard, Clara Pacini, August Diehl, Gaspar Noé & Marine Gesbert
Photography : Jonathan Ricquebourg
Producer : Muriel Merlin
Production : 38 Productions
Distribution : Goodfellas
World Sales : Goodfellas

Year : 2025
Country : France, Germany
Running time : 118'

Genre(s) : fantasy

 

L’avis du BIFFF :

Il y a exactement 20 ans, Lucile Hadžihalilović est venue au BIFFF avec son premier long métrage, INNOCENCE, un conte de fées sombre avec Marion Cotillard.

Elle revient aujourd’hui avec son quatrième film, toujours avec Cotillard, qui traite à nouveau de l’innocence gâchée par les assauts de l’âge adulte.

Jeanne, une orpheline de 16 ans, s’enfuit de sa famille d’accueil et se retrouve à dormir dans un studio où l’on tourne pendant la journée une adaptation cinématographique de « La Reine des Neiges », avec Cristina dans le rôle principal.

Sa perfection cristalline éblouit instantanément la jeune fille impressionnable et, tandis que son obsession pour la Reine grandit, la réalité, le plateau de tournage et l’imagination débridée commencent à se fondre dans un royaume magique.

Mais sous l’extérieur glacial de la Reine, des intentions moins nobles se cachent…

 

Mon humble avis :

 

La réalisatrice Lucile Hadžihalilović est venue au BIFFF défendre son œuvre, et nous raconter l’anecdote de Gaspard Noé exigeant une perruque pour jouer son petit rôle…

 

Le message évoque la fascination pour les contes de fées, au travers des symboles psychologiques forts qu’ils véhiculent.

Le film aborde aussi le voyeurisme, une scène évoquant en cela le film Blue Velvet de David Lynch.

 

La réalisation emploie de nombreuses mises en abîmes du cadre dans un autre cadre, avec des avant plans jouant sur le hors-champ.

Elle est sophistiquée, mais très arty.

C’est avant tout un film d’errance, la fugueuse ne sachant où aller, tant au sens propre qu’au figuré…

 

La photographie emploie une lumière douce, et de grandes zones d’ombres, dans beaucoup de scènes nocturnes.

C’est assez peu coloré, à part une tache rouge perdue dans une immensité blanche.

Il y a des jeux de textures lumineuses complexes (cônes de torches électriques, reflets, transparences, diffraction du rayon d’un projecteur de cinéma, etc)…

 

Le montage est malheureusement trop lent, trop contemplatif.

Ce sont de belles images, mais on est au cinéma, pas dans une exposition de photos, ça devrait quand même bouger davantage.

 

Les décors présentent de magnifiques montagnes enneigées.

Les coulisses d’un plateau de ciné paraissent bien glauques à côté.

Les décors du film dans le film sont superbes, magiques sans mièvrerie.

 

Les costumes nécessitent un peu de reconstitution, car l’histoire se déroule dans le passé.

Le blouson rouge de l’héroïne ressort dans une image quasiment en noir et blanc.

La robe de la Reine des Neiges est impressionnante, on comprend la fascination de l’héroïne pour cette apparence de pureté et de pouvoir mêlés.

 

Les SFX représentent parfois la corbeille en synthèse, ou des extensions de décors dans le monde onirique de la Reine des Neiges.

 

Le casting est assez bon.

Marion Cotillard est parfaite en diva rétro qui a eu un parcours difficile, et la jeune Clara Pacini joue à la perfection un personnage perdu dans son monde, inadaptée socialement.

 

La musique est aérienne, mais trop peu présente pour être mémorable.

 

En conclusion, ce métrage mettra la patience des plus tenaces à bout, même si les relations entre les deux femmes sont intrigantes, ça ne suffit pas à maintenir l’intérêt avec un rythme aussi lent.