Hallow road


Director : Babak Anvari
Screenplay : William Gillies
Cast : Rosamund Pike, Matthew Rhys & Megan McDonnell
Photography : Kit Fraser
Producer : Lucan Toh, Ian Henry & Richard Bolger
Production : London Film TV / Two & Two Pictures
Distribution : Universal Pictures Content Group / Park Circus
World Sales : XYZ Films

Year : 2025
Country : Czech Republic, Ireland, UK
Running time : 80'

Genre(s) : thriller

 

L’avis du BIFFF :

Tard dans la nuit, Maddie et Franck reçoivent un coup de fil de leur ado de fille qui risque de bouleverser leur vie : elle vient de provoquer un accident sur la route.

Tragique, grave, mortel même…

Les deux parents partent illico la rejoindre tout en réfléchissant à la meilleure façon de gérer la situation…

“Intense et cauchemardesque”, “l’un des films les plus éprouvants de 2025”, “à couper le souffle”, voici quelques bribes d’une presse internationale conquise par l’un des huis-clos les plus impressionnants de cette année !

Un tour de force que l’on doit au talent de Babak Anvari (UNDER THE SHADOW), mais aussi aux performances époustouflantes de Matthew Rhys et Rosamund Pike !

 

Mon humble avis :

 

Le réalisateur Babak Anvari et l’un de ses producteurs sont présents au BIFFF pour défendre leur création.

Il s’agit donc d’un film concept, quasiment tout doit se passer dans une voiture.

Ils insistent pour que le public reste jusqu’à la fin du générique pour une scène épilogue qui nous éclairera davantage, mais c’est un gros pipeau, il n’y a aucune scène à voir, et la mauvaise farce en fâche plus d’un !

 

Le message questionne ce que des parents sont capable de faire pour protéger leur enfant, faisant des compromis avec leurs valeurs morales et leur éthique, mais jusqu’où peuvent-ils aller ?

Il aborde aussi la question d’une éducation surprotectrice où l’on éduque plus le sens du mot « non »…

Un twist inattendu (que je ne peux spoiler évidemment) réussir à relancer la tension !

 

La réalisation maintient la pureté de l’intention de départ (tout le métrage, hors introduction et conclusion, dans la voiture).

C’est vraiment un exploit que de parvenir à choper le public du BIFFF, habitué à plutôt se moquer grassement de ce genre de film-concept.

Ici, il a bien entendu commencer par casser à mort le moindre plan ou la moindre réplique, les blagues fusant en tous sens au travers de la salle… mais progressivement, le suspense et le mystère ont eu raison des plus moqueurs !

 

Les cadrages sont difficiles à réaliser dans ce petit espace, et surtout à faire varier suffisamment pour éviter la répétition et l’ennui visuel.

On n’y échappe pas totalement, mais il y a de beaux efforts : des gros plans sur la texture du bitume, des archis gros plans sur des expressions du visage, ou juste sur les yeux, des travellings insensés au travers de la carrosserie, etc…

On a même droit à un traveling compensé (dans si peu d’espace c’est impressionnant) au moment du twist qui relance l’intérêt.

 

La photographie emploie des effets lumineux pour reproduire la conduite d’un véhicule en réalité à l’arrêt au tournage, sans doute en studio, avec des parties de carrosserie démontables.

L’image est souvent bleutée, car tout se passe de nuit.

 

Le montage avance au rythme des dialogues incessants (on en vient presque à regretter l’introduction silencieuse avec des gros plans sur les restes du repas).

Il est parfois tendu, et d’autres fois « mou du genou »…

 

Les décors nous montrent l’appartement bourgeois en introduction, et la forêt inquiétante en conclusion, mais entre les deux tout se déroule bien dans la voiture.

 

Les costumes des deux personnages sont réaliste et contemporains, rien à signaler.

 

Les SFX consistent principalement à projeter un décor défilant pour reproduire le déplacement du véhicule.

Ils permettent aussi la réalisation de quelques plans impossibles sans images de synthèses (comme le survol en plongée en restant dans l’habitacle par exemple).

 

Le casting est intense et solide.

Il consiste strictement dans le couple formé par Rosamund Pike et Matthew Rhys.

Megan McDonnell ne joue qu’avec sa voix au téléphone.

L’identification aux deux parents et à leur angoisse est indispensable pour que le métrage fonctionne, c’est pourquoi on a engagé ces deux acteurs d’expérience.

L’actrice britannique, ex-James Bond Girl, et de nombreuses fois récompensée au cours de sa longue carrière, cartonne en ce moment avec sa série fantasy « La Roue du Temps ».

L’acteur gallois est moins connu, mais il a aussi une filmographie impressionnante, et a quand même joué le rôle du meurtrier dans l'ultime épisode de la série Columbo !

 

La musique emploie des sons graves, c’est de l’ambiant inquiétant, avec une prédominance du violoncelle, mais elle se fait rare, les dialogues emplissant l’essentiel de la bande son.

 

En conclusion, peut-être qu’une « Silent Screening » aurait été plus appropriée pour ce film concept que la séance suivant « l’Apérocalypse » où le rhum était gratuit !

Néanmoins, si les blagues ont correctement trompé notre ennui lors de la première partie, le film s’est ensuite rattrapé, ayant raison des récalcitrants.

Une réussite en demi-teinte donc…