Masterclass Danny Boyle

 

Entre 1995, où le BIFFF présentait Petit Meurtres entre Amis d’un jeune surdoué nommé Danny Boyle, et cette édition 2025 où il nous fait l’immense plaisir de revenir à Bruxelles, sa trajectoire sur la planète cinoche a été stratosphérique !

En trente ans, ses films ont rapporté plus d’un milliard de dollars au box-office mondial et il a pu orner sa cheminée avec deux Oscars, un Golden Globe et deux BAFTA !

Mais au-delà des succès commerciaux, Boyle a surtout réussi à nous offrir des œuvres cultes qui parlent à toutes les générations : TRAINSPOTTING, 28 DAYS LATER, THE BEACH, SLUMDOG MILLIONAIRE, SUNSHINE, STEVE JOBS, convoquant des noms mythiques du 7e art, tels que ses éternels complices, Ewan McGregor et Cillian Murphy, ou encore Leonardo Di Caprio, Cameron Diaz, Dev Patel et Michael Fassbender.

À quelques semaines de la sortie du trèèèèès attendu 28 YEARS LATER, Danny Boyle fait un crochet par le BIFFF pour boire une bière, et discuter carrière avec vous dans une masterclass qui s’annonce tout simplement culte !

 

Danny Boyle était déjà venu au BIFFF en 2002 pour « 28 jours plus tard », mais il avait dû partir juste avant la diffusion.

Cette fois, il revient à Bruxelles pour nous annoncer la seconde suite, après « 28 semaines plus tard » de Juan Carlos Fresnadillo, ce sera « 28 ans plus tard » qui sera décliné en une trilogie.

Il y a déjà les deux premiers films de tournés, le premier réalisé par Danny sortira le 18 juin 2025, le second « The Bone Temple » par  Nia DaCosta est déjà en boîte, et ils recherchent des financements pour le troisième.

Nous assistons à la projection du trailer, en première mondiale.

Il est spectaculaire, et dispose d’une très belle image, c’est vraiment étonnant quand on sait que le film a été entièrement tourné à l'iPhone 15 Pro !

« 28 jours plus tard » était le premier film entièrement filmé avec des caméras digitales, « 28 ans plus tard » sera le premier avec des téléphones.

30 ans après le film d’origine, la Fox est arrivé en fin de droit, et cela a pu être racheté par les producteurs.

Le tournage a eu lieu sur une île isolée au nord de l’Angleterre : Les prises de vues ont lieu à Newcastle, sur l'île de Lindisfarne ou encore à Hexham.

On retrouve à l’écran Aaron Taylor-Johnson (Kick-ass), et Ralph Fiennes (Voldemort).

 

Après cette introduction, le présentateur fait revenir Danny sur son enfance et son parcours.

Danny était un jeu catholique dont la mère voulait faire un prêtre !

La découverte du punk en a voulu autrement, mais Danny assure qu’un réalisateur et un prêtre ont beaucoup de choses en commun : ils disent tous les deux aux gens ce qu’ils doivent faire et penser !

En fan de punk indécrottable, Danny a fait composer toute la musique de son dernier film « 28 ans plus tard » par un groupe d’Edinbourg.

Comme la musique punk, Danny pense qu’un film de genre se doit d’être irrespectueux.

« Orange mécanique » & « L’Exorciste » sont les films qui ont eu le plus d’influence sur le jeune Danny cinéaste en devenir…

Danny est aussi un gros fan de football, et son premier documentaire était même sur ce sujet.

 

Ensuite le présentateur sélectionne une partie de la filmographie imposante du réalisateur, surtout les films de genre donc, et nous en projette un extrait de chaque film avant d’interroger Danny à son sujet.

« Petits Meurtres entre amis » (Shallow Grave) est un film britannique écrit par John Hodge et réalisé par Danny Boyle, sorti en 1994.

Il s'agit du premier long métrage du scénariste et du réalisateur.

Le film est présenté hors compétition au Festival de Cannes 1994 et sort au cinéma l'année suivante.

À sa sortie, il reçoit des critiques globalement positives et est un immense succès commercial sur le sol britannique.

Danny explique que le style visuel est inspiré par les raves party de l’époque.

Il expose la théorie selon laquelle le premier film d’un réalisateur est souvent le meilleur !

Il nous raconte à ce sujet l’anecdote de son père qui voyait tous ces films, et disait systématiquement « c’est bien… mais pas aussi bien que Shallow Grave » !

On retrouve quand même deux futurs maitres de l’univers au générique : Ewan McGregor (le jedi Obi Wan Kenobi de Star Wars) et Christopher Eccleston (le docteur Who) !

Danny nous conte une anecdote de tournage au sujet de Christopher Eccleston :

Ce dernier devait jouer le cadavre de son personnage, pour le plan où son corps est enfermé dans un tiroir de la morgue.

Entièrement nu, sous une couverture, allongé sur le tiroir métallique, il était enfourné dans le mur de la morgue, puis la porte de son tiroir était fermée, il devait y rester quelques instants pendant un travelling arrière…

Or, de l’autre côté du mur, tous les corps se retrouvait dans la même chambre froide, et Christopher Eccleston était donc juste à côté de véritables cadavres !

Il paniquait trop pour pouvoir y rester seul, aussi une autre personne a dû l’y soutenir pour que le plan puisse être tourné.

Nous sommes tous des monstres en puissance, selon le scénario cruel de ce médecin à l’humour noir typiquement écossais.

Danny explique la théorie selon laquelle quand un film a du succès partout, il y a toujours un pays où il fait un flop, et inversement…

 

Après un extrait de la première scène de baston contre des infectés, Danny revient sur « 28 jours plus tard ».

Il explique que le scénariste Alex Garland y pense longtemps, puis écrit très vite, en l’occurrence ici en un week-end !

Danny ne pense pas pouvoir être un bon scénariste lui-même, à cause des dialogues.

Pour les scènes où Cillian Murphy erre seul dans un Londres vide, il a fallu couper la circulation, mais comme Danny n’avait pas l’aide de la police, il a eu une autre idée : il a fait bloquer les voitures par une cohorte de jolies filles (dont la sienne qui avait alors que 18 ans) !

Le film a été fait deux mois avant les attentats du 11 septembre 2001, aussi il a pris une autre dimension (la peur dans les grands centres urbains, la parano vis-à-vis des autres humains, etc…), à sa sortie.

 

Après un extrait de « Sunshine », Danny explique qu’il est plus hard science, que space opéra, il n’aime pas Star Wars mais plutôt Alien par exemple.

En hard science, l’histoire est toujours la même : répondre à un signal de détresse, mais c’est parce que l’espace est encore un environnement que l’on connait trop peu pour qu’on puisse écrire autre chose que sur la peur de l’inconnu.

Danny se documente sur toutes les recherches spatiales, y compris celles sur la reproduction dans l’espace.

Il avait été contacté pour réaliser Alien 4, et a même rencontré Sigourney Weaver pour cela, il était d’ailleurs fasciné par ses veines sous sa peau translucide…

Mais il a décliné l’offre, car les SFX en CGI étaient trop complexe, et il est plus branché effets spéciaux en direct sur le plateau quand c’est possible.

« Sunshine » a encore un casting dingue, de Michelle Yeoh (Star Trek) à Chris Evans (Captain America).

Danny a testé le vol stratosphérique pour essayer l’apesanteur, on peut le faire pour 3000 dollars en Californie.

L’avion monte verticalement, et redescend en piqué pour offrir quelques minutes en apesanteur, et recommence ainsi plusieurs fois.

Beaucoup vomissent, on doit faire pipi dans une grosse éponge, mais Danny a surtout constaté que les choses ne bougeaient pas au ralenti comme au cinéma (elles bougent même plus vite dans l’espace sans la résistance de l’air)…

Seulement, le public est habitué à certains poncifs, et si on s’en éloigne pour être plus réaliste, on risque de le perdre, il faut toujours trouver un juste milieu.

 

Après être revenu ainsi sur quelques-uns de ses meilleurs films de genre, Danny Boyle s’est prêté au jeu des autographes pour ses fans, et a même été adoubé chevalier du corbeau, par les officiels du BIFFF.

Encore merci à lui pour ce moment de partage, on souhaite bonne chance à « 28 ans plus tard », à la tienne Danny (il va descendre des bières belges au bar VIP) !