Sister midnight
Director : Karan Kandhari
Screenplay : Karan Kandhari
Cast : Radhika Apte, Ashok Pathak, Chhaya Kadam, Smita Tambe, Subhash Chandra & Navya Sawant
Photography : Sverre Sørdal
Producer : Alastair Clark, Anna Griffin & Alan McAlex
Production : Wellington Films / Griffin Pictures
Distribution : Protagonist Pictures
World Sales : Protagonist Pictures
Year : 2024
Country : UK
Running time : 115'
Genre(s) : black comedy, vampire
L’avis du BIFFF :
Parfois, il suffit d’une piqûre d’insecte pour sortir de la cage d’un mariage arrangé.
Coincée dans une vie banale à Bombay, avec un mari ennuyeux et des tâches ménagères encore plus gonflantes, Uma est au bord du gouffre.
Jusqu’à ce que cette piqûre d’insecte lui ouvre les portes de la vie nocturne interlope de Bombay.
Elle se met alors à aimer la vie… et le sang !
Les mouvements de caméra étroitement symétriques, les couleurs vibrantes, les passages en stop-motion, voire la superbe bande-son mariant allègrement la soul cambodgienne des sixties au blues américain et à Motörhead trahissent tous un amour inconditionnel pour Wes Anderson – en particulier, bien sûr, pour THE DARJEELING LIMITED, avec un gros supplément d’humour noir…
Mon humble avis :
Le réalisateur Karan Kandhari n’a rien fait depuis 11 ans (un clip en 2014), néanmoins il surprend ici avec un film d’art et d’essai punk rock.
Au BIFFF, il est en compétition pour le White Raven « de cheval » (oui parce qu’avant ça s’appelait le Septième Orbite).
Le message nous parle de notre anonymat dans la foule, et de l’absence de sens global de nos vies.
On suit ainsi l’ennui dans un couple rangé (que même l’évènement surnaturel a peine à faire évoluer)…
La réalisation est davantage celle d’un film d’auteur d’art et d’essai, que celle d’un film de genre spectaculaire.
C’est stylé, mais le scénario prend trop son temps…
La photographie use d’ombres bien noires, et de compositions multicolores à l’image de l’Inde.
Les intérieurs sont sombres et les extérieurs lumineux, cette dichotomie est aussi évidemment poursuivie entre les scènes de jour et celles de nuit.
Le montage a un rythme soutenu, il y a des ellipses incessantes entre les plans, c’est comme une juxtaposition de vignettes de bande dessinées, il faut faire le travail de lien en tant que spectateur actif, ça fait travailler l’imagination.
Mais c’est fatiguant à la longue, on a plus l’habitude de se laisser porter au cinéma, le réalisateur Karan Kandhari aurait dû plus varier son procédé.
De plus le fantastique est très long à arriver, mettant notre patience à rude épreuve…
Les décors nous montrent des ruelles de quartiers pauvres, avec des aspects urbains sordides, comme la promiscuité, ou les décharges à ciel ouvert…
C’est glauque, et on comprend bien le mal du pays de l’héroïne d’origine rurale !
Les costumes font dans l’indien traditionnel, sari pour les femmes, et autres vêtements urbains de classe sociales inférieure.
La coiffure de l’héroïne, souvent ébouriffée, semble être la représentation extérieure de son état mental perturbé !
Les SFX numériques servent à représenter des animaux zombies vampires, comme des oiseaux ou des chèvres, totalement idiots pour notre plus grand amusement.
Le casting a un jeu un poil caricatural, l’actrice principale est de quasiment tous les plans, elle porte vraiment le métrage sur ses épaules.
La musique est assez rare dans le film.
On entend juste des extraits de chansons indiennes, sirupeuses & old schoo,l à la bollywood des années 70, ou de standards du rock US, mais ce sont juste des passages pour souligner des effets comiques.
En conclusion, ce film est sûrement en réaction au surplus de romantisme de Bollywood, à force de faire rêver aux contes de fées il devient effectivement difficile d’accepter la banalité du quotidien…
Pour moi le film n’est ni totalement une réussite, ni totalement un échec, c’est si subjectif qu’il vous faudra essayer pour vous faire votre idée.
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