Sew Torn


Director : Freddy MacDonald
Screenplay : Freddy Macdonald & Fred Macdonald
Cast : Eve Connolly, Calum Worthy, John Lynch, Caroline Goodall, K Callan, Thomas Douglas, Ron Cook, Werner Biermeier & Veronika Herren-Wenger
Photography : Sebastian Klinger
Producer : Fred Macdonald, Barry Navidi, Sebastian Klinger, Diamantis Zavitsanos &Socratis Zavitsanos
Production : Sew Torn, LLC / Barry Navidi Productions
Distribution : The Playmaker Munich
World Sales : The Playmaker Munich

Year : 2024
Country : Switzerland, USA
Running time : 96'

Genre(s) : thriller

 

L’avis du BIFFF :

Saviez-vous qu’un simple bouton de couturière suisse peut engendrer un chaos total, à base de mallette remplie de pognon, de cadors du crime organisé, de flingues fumants, de fils à tordre et retordre, de mauvais coton et du sang.

Beaucoup trop de sang pour un petit village pépère…

Entre thriller retors et comédie noire, SEW TORN joue la carte d’une narration à trajectoires multiples avec une maestria tout simplement redoutable, qui sent bon l’influence des frères Coen.

Bref, une galette immanquable réalisée par Freddy Macdonald, jeune prodige d’à peine 25 ans et – accessoirement – plus jeune réalisateur jamais accepté à l’American Film Institute.

 

Mon humble avis :

 

On nous présente le jury Black Raven qui choisit le meilleur thriller de l’année, pour lequel ce film concourt.

Puis, il nous est expliqué que le scénario a été approuvé par les frères Cohen, qui ont conseillé d’en faire un long plutôt qu’un court métrage.

 

Le message traite du destin, tout est-il écrit, ou nos choix peuvent-ils vraiment influencer le cours des choses ?

Nous verrons donc trois versions de la même histoire, où des décisions différentes amèneront sensiblement au même résultat tragique…

Néanmoins, le scénario déploie tellement d’astuce et d’espièglerie que ces considérations métaphysiques deviennent vite le cadet de nos soucis.

 

La réalisation sophistiquée emploie beaucoup de gros plans, et même d’archi-gros plans, comme ceux sur le titre brodé à la machine lors du générique de début, comme celui sur le bouton qui roule sur le sol, ou sur une aiguille écrasée, des détails qui seront essentiels dans le déroulement de l’histoire.

 

La photographie met en évidence le bleu clair dans la première version de l’histoire, le jaune dans la seconde, et le rouge dans la troisième.

 

Le montage est nerveux à souhait, on y trouve des clips de bricolage comme ceux de Sam Raïmi ou d’Edgar Whright.

On ne s’ennuie pas une seconde, c’est un montage dégraissé au maximum.

 

Les décors nous surprennent d’emblée, avec ces fils tendus au plafond, et ces coussins brodés avec des enregistrements sonores à l’intérieur.

Les montagnes suisses sont superbes, le magasin de couture est un cadre original, mais le top ce sont tous ces dispositifs à base de fils que met en place l’héroïne pour se sortir des mauvais pas, ça fait preuve d’une maitrise de l’espace, des décors et des accessoires, très talentueuse.

 

Les costumes ont un look rétro, et cherchent à s’harmonier avec la direction de la photographie.

 

Les SFX représentent les impacts des balles sur les corps, une blessure suturée en gros plan, des explosions, et même un incendie.

 

Le casting est un bon point du métrage, Eve Connolly (de la série Vikings) incarne un personnage de couturière aussi attachant qu’inoubliable, c’est une McGyver avec sa boîte à couture.

Il y a beaucoup de scènes sans dialogues, où seule son énergie maintient notre intérêt en éveil.

Tous les seconds rôles sont excellents, avec une préférence pour la vieille fliquette bad-ass.

 

La musique nous étonne dès l’intro avec un thème enjoué à la Danny Elfman, employant le thérémine, et d’étranges percussions.

La bande originale est généreuse et entraînante.

On entend d’autres styles de musique diégétiques, comme du Yodel à la radio, ou la chanson sur la couture sur laquelle danse l’héroïne pour faire diversion !

 

En conclusion, on peut dire que le scénario de ce film est « bien ficelé » !

Pour moi, il aurait bien mérité de gagner le Black Raven.