The old woman with the knife


Original Title : PA-GWA
Director : Kyu-dong Min
Screenplay : Kyu-dong Min & Dong-wan Kim
Cast : Hyeyoung Lee, Sung-cheol Kim, Woo-jin Yeon, Moo-yul Kim & Sia Shin
Photography : Jae-woo Lee
Producer : Jin-soo Min
Production : SooFilm
Distribution : M-Line Distribution
World Sales : M-Line Distribution

Year : 2025
Country : South Korea
Running time : 131'

Genre(s) : thriller

 

L’avis du BIFFF :

Vous tirez la gueule parce que vous devez attendre l’âge de 67 ans pour prendre votre retraite ?

Feignasses: prenez plutôt exemple sur Hornclaw, une tueuse légendaire ayant dépassé la soixantaine et qui doit continuer à éliminer la racaille de la terre pour le compte de son organisation secrète.

Vous croyez que c’est excitant de buter des gens sur quatre décennies ?

Hé bien, non : ça lasse aussi !

Mais elle va raviver sa flamme professionnelle lorsqu’elle rencontre Bullfight, un jeune tueur prometteur qui insiste pour travailler à ses côtés.

Mais, au fur et à mesure de leur collaboration, Hornclaw se rend compte qu’il n’y a pas que l’admiration qui a poussé Bullfight à s’associer à elle…

L’adaptation très attendue du best-seller de Gu Byeong-mo et un tour de force salué à la dernière Berlinale !

 

Mon humble avis :

 

Le roman date de 2013, il a été un gros succès (donc 12 ans avant son adaptation cinématographique).

La principale qualité de l’autrice Gu Byeong-mo est son sens de la fiction, ses romans contiennent un mélange de mystère, et d'horreur, leur couleur change en fonction de la perspective dans laquelle on les lit.

Ce type d’écriture, peu familier à la littérature de Corée du Sud, se traduit par un charme fatal et la description de terribles dangers.

Dans un entretien, le réalisateur, Min Gyoo-dong, avoue avoir été impressionné par ce « roman très violent » renfermant « des complexités de l’existence humaine, les dilemmes moraux et les explosions intérieures »…

Ce réalisateur (titulaire d'une maîtrise de cinéma obtenue à l'université Paris VIII) est surtout connu pour son premier film « Memento Mori » en 1999.

 

Le message traite des effets de l’âge, du poids du passé, et même du sens de la vie, mais comme disait David Lynch : « Les gens attendent d'une œuvre d'art qu'elle veuille dire quelque chose alors qu'ils acceptent que leur vie à eux ne rime à rien ».

 

La réalisation est assez impersonnelle, ça rappelle énormément d’autres films d’action coréen.

Le scénario en flashbacks rend l’intrigue parfois dure à suivre, alors qu’au final elle est très simple, et plutôt stéréotypée.

 

Les cadrages sont banals, comme cette caméra portée qui suit un personnage dans son dos, un style vu des milliers de fois depuis l’explosion des jeux vidéo.

 

La photographie utilise une lumière vive, ce qui donne une image contrastée aux ombres bien noires.

C’est du naturalisme, mais aux couleurs plus soutenues.

Il y a beaucoup de scènes nocturnes.

 

Le montage est assez vif, voire trop sec, on voit par exemple toute la carrière de l’héroïne dans un clip servant de générique de début.

Certaines chorégraphies martiales sont en plans séquences.

Vers la moitié du film, il y a un léger retour en arrière avec un changement de point de vue, pour mieux comprendre l’antagoniste…

 

Les décors sont urbains et glauques, beaucoup de choses se passent sur la route.

On voit brièvement une forêt où l’héroïne fait son jogging.

Notons qu’en Corée les passages à niveaux sont équipés de néons rouges du plus bel effet.

Le décor de la baston finale, une fête foraine abandonnée, et surtout un bâtiment en ruines, en forme de rotonde, a une architecture bien particulière dont la scène de fusillade exploite les moindres recoins.

 

Les costumes sont contemporains.

La tueuse porte un bob et un foulard pour cacher son visage de « mamie ninja » !

 

Les SFX numériques offrent de la fausse neige en intro, et soutiennent ensuite de nombreux combats violents (impacts des balles).

Les SFX traditionnels donnent dans le gore (innombrables coups de couteau), et montrent quelques prothèses, comme ces doigts tranchés présentés dans un beau coffret comme un collier précieux !

 

Le casting est plutôt bon, mais ces personnages ont déjà été vus cent fois…

Lee Hye-young a commencé sa carrière d'actrice en 1981 à l'âge de 17 ans, elle en a 62 aujourd’hui.

Elle a fait du théâtre, des dramas pour la télé, et de nombreux films.

Elle joue ici une vieille tueuse en apparence sans émotions, mais dont la carapace va se fissurer progressivement…

Le personnage du jeune fou psychopathe est interprété par Kim Sung-cheol, un acteur qui fait aussi des comédies musicales sur scène, ayant de grands rôles au ciné depuis 2019.

L’avant-garde rencontre l’arrière garde en quelque sorte !

Le personnage du docteur est joué par Yeon Woo-jin, un ancien mannequin qui a fait plus de dramas que de cinéma, il faut noter que le réalisateur Kyu-dong Min lui fait porter pour ce rôle une paire de lunettes lui faisant ressembler à son alter ego à l’écran… étrange…

 

La musique est symphonique, c’est une ambiance morne, où les flutes prédominent.

 

En conclusion, c’est un thriller assez moyen.

On y voit de bonnes scènes d’action (bien que loin d’être révolutionnaires), mais le scénario peine à avancer, et surtout à nous surprendre…

C’est dommage, et inattendu, de la part de Kyu-dong Min, mais ça nous rappelle que l’excellent « Memento Mori » était co-réalisé par Kim Tae-yong.