Un monde merveilleux


Original Title : ROBOT T-0 (Titre international)
Director : Giulio Callegari
Screenplay : Giulio Callegari
Cast : Blanche Gardin & Laly Mercier
Photography : Aurélien Marra
Producer : Alice Bloch, Miléna Poyla & Gilles Sacuto
Production : Lian Ray Pictures Co., Ltd.
Distribution : BrightFish / France TV Distribution
World Sales : France TV Distribution

Year : 2024
Country : France
Running time : 78'

Genre(s) : comedy, family, science-fiction

 

L’avis du BIFFF :

Mère célibataire au chômage, Max est une robophobe convaincue depuis que l’un de ces satanés Thermomix sur roues a piqué son job d’instit’…

Car oui, dans ce futur un peu trop proche, les robots sont partout, avec autant de versions différentes que le portefeuille le permet.

Alors, avec sa fille, elle décide de se venger en volant un robot pour le revendre en pièces détachées au marché noir.

Forcément, rien ne va se passer comme prévu…

Voilà un film de nos voisins de Macronie qui débarque avec sa gueule d’outsider, mais qui met tout le monde d’accord : imaginez Asimov qui réécrit LA VIE EST BELLE de Capra, avec une Blanche Gardin qui a bouffé du lion, et vous aurez LE film feel-good de cette édition !

 

Mon humble avis :

 

Venu au BIFFF pour présenter son film, le réalisateur Giulio Callegari insiste sur sa volonté de traiter des thèmes anxiogènes de façon comique, comme une version satirique de la série anglaise « Black Miror ».

 

Le message traite donc de notre peur de l’IA, de perdre son emploi et d’être remplacé par un robot, mais dans une histoire plutôt émouvante.

Soulignons l’originalité d’une héroïne sans emploi, malhonnête de surcroit puisqu’elle vole dans les supérettes, un type de personnage peu fréquent.

 

La réalisation est enlevée et brillante, elle utilise aussi les recettes du « buddy movie » classique avec son duo de personnages si différents qui finissent par s’entendre et même s’apprécier (l’anti-technologie et le robot donc)…

 

Les cadrages présentent une bonne variation de valeurs de plans, des plans larges sur les décors naturels, des plans américains pour les dialogues, des gros plans sur des expressions, etc… c’est une grammaire visuelle variée et utilisée de façon signifiante.

 

La photographie privilégie le bleu en ville, et le jaune orangé dans la campagne.

On y voit une belle lumière, et l’image est toujours parfaitement lisible.

 

Le montage suit le rythme des dialogues, l’humour est une question de timing, et ici les répliques grinçantes fusent et font mouche !

C’est bien dosé, il y a des passages bien travaillés, comme cette fausse pub et son retour au réel provocant un décalage bien satirique.

 

Les décors sont ceux de notre quotidien urbain, un appartement, le métro, un supermarché, un commissariat, un hôpital, etc…

Puis le film devient un « road trip movie », et on voit alors de beaux paysages côtiers de Bretagne.

 

Les costumes sont actuels et réalistes, il n’y a aucun effort d’anticipation sur ce point, c’est un peu dommage, car ça aurait davantage ancré le film dans le futur, là ça joue plutôt la carte d’une proximité temporelle quasi immédiate.

 

Les SFX présentent les robots sans CGI, ce sont des poupées animatroniques en plans serrés, et des acteurs en costumes en plans larges quand ils marchent.

 

Le casting est bon, surtout Blanche Gardin excellente et bad-ass au possible (elle est d’ailleurs de tous les plans).

Le design des robots est mignon.

Un bon exemple de dialogue :

La flic : « Vous savez pourquoi je suis là ? »

L’héroïne : « Parce que vous étiez nulle à l’école ? »

 

La musique est rigolote, genre une version antillaise du générique de « L’île aux enfants », ce qui est toujours mieux que la pop dépressive entendue à l’autoradio !

Pour les moments de suspens on a de l’électro ambiant.

 

En conclusion, cette satire sociale fonctionne parfaitement, elle nous fait réfléchir sans imposer de réponses, et surtout nous divertit avec son personnage « jusqu’au boutiste » qui envoie tout chier avec classe !