L'Homme qui Rétrécit
L’Avis du FEFFS :
L’Homme qui rétrécit, nouvelle adaptation du roman culte de Richard Matheson, nous entraîne dans le sillage de Paul, un homme qui partage sa vie entre son entreprise de construction navale, sa femme Élise et leur fille Mia.
Lors d’une sortie en mer, Paul se retrouve confronté à un étrange phénomène météorologique.
Dès lors, il rétrécit inexorablement.
Quand, par accident, il se retrouve prisonnier dans sa propre cave, et alors qu’il ne mesure plus que quelques centimètres, il va devoir se battre pour survivre dans cet environnement banal devenu hostile.
L’Homme qui rétrécit est tout à la fois un récit initiatique et un film d’aventure.
France, Belgium – 2025 –1hr39
Director: Jan Kounen
Producers: Alain Goldman, Patrick Wachsberger
Writers: Christophe Deslandes, Jan Kounen
Actors: Jean Dujardin, Marie-Josée Croze, Daphné Richard
Mon Humble Avis :
C’est un projet de Jean Dujardin : il est retombé sur le film d’origine de Jack Arnold (adaptant le roman de Matheson en 1957) en DVD à la FNAC.
Du coup il a vu deux fois d’affilée, et ça a relancé sa passion pour ce sujet (il a une attirance personnelle pour l’infiniment petit).
Contactant un ami scénariste, il coécrit un premier jet de modernisation du scénario, puis il convainc le producteur afin qu’il achète les droits du remake.
Le producteur décide donc de faire appel au réalisateur Jan Kounen pour reconstituer leur trio du film « 99 Francs ».
Le message insiste sur la nécessité d’être connecté au monde qui nous entoure, et aux petits plaisirs de la vie.
On doit aussi accepter notre finitude, et dépasser notre peur de mourir.
La réalisation de Jan Kounen semble « assagie », par exemple on trouve beaucoup moins de zoom sur des hyper gros plans de visage, son style est globalement plus académique, plus au service du scénario, et moins démonstratif des prouesses techniques dont le réalisateur est capable.
Les cadrages privilégient les plans larges permettant de visualiser la taille anormale du personnage dans les décors.
La photographie est pro et lisible, d’une beauté « publicitaire » mais sans grande originalité.
Le montage est assez tranquille, au rythme de la progression psychologique du héros.
Les décors nous montrent d’abord la mer, un hôpital, une belle maison sur la côte, puis rapidement le huis-clôt dans la cave jusqu’à la fin…
Les accessoires les plus banals deviennent vite des dangers gigantesques, ou des atouts géants.
Certains font référence directement au film original (le canapé, les allumettes sont exactement identiques).
Les costumes démontrent un gros travail pour mettre les habits de poupée à l’échelle du personnage, comme par exemple les mailles de tricot en plus gros.
Les SFX permettent évidemment le rétrécissement du héros selon un processus minimisant l’emploi des CGI :
Dujardin tourne sur fond vert, aidé seulement des éléments avec lesquels il rentre en contact.
Les mouvements de la caméra sont capturés par l’ordinateur et reproduits à l’identiques sur les décors réels en macro.
Le compositing liant le tout.
Les images de synthèses ne sont donc utilisées que pour les insectes (fourmis, moustique, araignée).
Le casting est assez réduit, il n’y a qu’une poignée de personnages au début, puis rapidement plus que le héros seul à l’écran.
Dujardin est de tous les plans, ça aurait pu être saoulant mais il s’avère assez émouvant, restant dans un registre dramatique.
Ce n’est pas la première fois qu’il est bon dans un rôle sérieux, c’est un acteur oscarisé qui n’a plus rien à prouver, mais qui se donne encore la peine de croire en son personnage.
Tchoupi le chat est super entraîné, ses sauts et ses regards sont réglés à la seconde près.
La musique du compositeur très talentueux Alexandre Desplat est symphonique avec quelques expérimentations électroniques (un peu comme du Jerry Goldsmith, époque Planète des singes).
Elle renforce les émotions efficacement.
Le mixage des bruitages est très élaboré, il crée un univers sonore qui parvient aussi à changer l’échelle (un plus par rapport au film original qui jouait seulement sur le visuel).
En conclusion, ce remake est une grande réussite, Kounen revient en forme (ce qui fait déjà bien plaisir), trouvant dans ce rapport à l’infini une voie pour exprimer sa passion du chamanisme.
Espérons que ce trio producteur-réalisateur-acteur se reformera encore pour nous re-proposer un métrage aussi agréable.
Voici la liste des autres films vus par la Gonel Zone :
Les Courts Métrages d'Animation
Les Courts Métrages Internationaux
Les Courts Métrages Français (part 1)






























