Les Aventures du Nexus 6

 

L’Avis du FEFFS :

 

À la suite d’un combat spatial dantesque, le Nexus VI – vaisseau d’exploration interstellaire – s’écrase sur une drôle de planète.

Dispersés dans le chaos, les membres de l’équipage doivent survivre pour retrouver leur capitaine et leur vaisseau.

Les Aventures du Nexus VI transpose sur grand écran l’univers de Nexus VI, la chaîne YouTube de référence pour les amateurs de science-fiction.

Le long métrage embarque ses personnages-animateurs dans un récit déjanté, à mi-chemin entre space opera et sitcom. Au programme : blagues à la vitesse lumière, bastons cosmiques, vaisseaux en mode turbo et avalanche de clins d’œil aux classiques de la SF et au jeu vidéo.

 

France – 2025 – 1hr03 – in French

Director: Alexandre Marinelli

Producer: Cyril Chagot

Writers: Alexandre Marinelli, Renaud Jesionek, Thomas Desenne

Actors: Renaud Jesionek, Alexandre Marinelli, Cyril Chagot

 

Mon Humble Avis :

 

L’équipe de youtubeurs de Nexus 6 étaient originaire de Metz, mais ils ont déménagés récemment à Strasbourg, ils sont accueillis comme des stars par le public du FEFFS.

Le projet est soutenu par la région Grand-Est.

Le making of est plus long que le film lui-même.

La chaine youtube propose des commentaires cinéphiles sur des thèmes de SF, au travers du parcours de l’équipage de contrebandiers d’un vaisseau spatial, le Nexus 6.

Le film va donc donner une autre ampleur à leurs aventures, il démarre par un remerciement à leur communauté, puisque c’est le financement participatif qui a permis sa concrétisation.

 

Il n’y a aucun véritable message dans ce scénario.

Ce sont juste des adulescents qui se font plaisir avec un humour au ras des pâquerettes, et trop de private jokes.

Ils ont l’ambition de verser dans l’émotion (avec la destruction du vaisseau et de son ordinateur de bord, un personnage à part entière), mais c’est trop pour leurs frêles épaules.

 

La réalisation utilise dès l’introduction des plans impossibles symptomatiques des CGI.

La grosse baston spatiale qui démarre le métrage se poursuit sur une bonne moitié du film, et ressemble à une compilation d’action de blockbusters à la Star Wars…

Le film se veut trop ambitieux, un peu plus d’humilité aurait sûrement donné un meilleur résultat.

 

Les cadrages montrent une grosse différence entre les plans rapprochés en décors de SF exiguës, et des plans hyper larges en synthèse ou en extérieurs naturels.

 

La photographie crée une belle image bien contrastée, colorée et lumineuse.

Ça flatte l’œil, c’est agréable à regarder.

 

Le montage est hyper rapide (un cache misère ?), il ne ralentit jamais.

Du coup, l’histoire ne se pose pas, les effets de style de la mise en scène se perdent dans la bouillie hystérique de l’ensemble.

 

Les décors sont filmés de près car ils ne sont pas au même niveau que les CGI impressionnantes, ce n’est pas raccord.

Les extérieurs, filmés dans le Grand-Est (sûrement dans les Vosges) nous montrent des paysages montagneux magnifiques.

 

Les costumes tiennent soit du cosplay, soit sont trop proches de nous (du genre tee-shirts de groupes contemporains)… seules quelques mèches de cheveux colorées sont censés « faire SF » !

 

Les SFX sont le point fort du film.

Les superbes images de synthèses sont luxueuses et généreuses, il y a des villes, des vaisseaux, des météorites, des planètes, etc…

Tout est bien designé, bien détaillé, et fun, ça assure un spectacle convaincant pour les fans de SF.

On trouve aussi de nombreux maquillages d’aliens à la fois bien foutus et rigolos (qui évoquent un peu le style des extraterrestres de Mézières dans la BD « Valérian et Laureline agents spatio-temporels »).

 

Le casting est par contre le point faible du film.

Ces youtubeurs sont bien sympathiques, et sont sûrement de vrais fans passionnés de SF, mais force est de constater qu’ils jouent la comédie comme des brêles !

Leur jeu approximatif ou surjoué passait sans doute mieux dans des courts métrages bricolés avec les moyens du bord, car c’était la bonne énergie communicative qui comptait alors, mais pour un long métrage qui se la pète autant, ça ne passe plus du tout.

On a les boules pour eux, on est gêné de voir ces comédiens amateurs se ridiculiser ainsi.

Ils auraient dû engager de véritables acteurs pour les remplacer dans leurs rôles, tout comme les CGI remplacent leurs bricolages habituels…

 

La musique électronique bruyante propose du synthéwave à la TRON.

Il y a parfois de belles envolées lyriques, avec une ampleur épique, quand elle devient plus symphonique.

 

En conclusion, on se marre quand même, surtout avec une salle de fans acquise d’avance.

Malgré son manque de fond et d’enjeux, le déroulé du scénario tient la route, même pour la partie du public qui n’a pas le contexte de la série youtube.

Même si certains aspects sont vraiment nazes, il reste un très beau trip visuel, et rien que pour ça, chapeau.