The Curse
L’Avis du FEFFS :
Alertée par les messages inquiétants de son amie postés depuis Taïwan, Riko est bouleversée d’apprendre sa mort brutale.
Se rendant sur place, elle se retrouve confrontée à une malédiction meurtrière dont elle pourrait bien être la prochaine victime.
Kenichi Ugana est l’un des réalisateurs japonais les plus prolifiques du cinéma de genre, avec huit longs sortis en trois ans.
Explorant un registre différent à chaque film, il revisite ici la J-Horror popularisée dans les années 2000 par des classiques tels que The Ring ou Ju-On.
En transposant le motif de la malédiction à l’ère d’Instagram et de TikTok, il signe une satire des réseaux sociaux aussi mordante que terrifiante.
Japan, Taiwan – 2025 – 1hr35
Director: Kenichi Ugana
Producers: Tsuyoshi Hitomi, Hiroaki Saizu, Ling Ming-Chih
Writer: Kenichi Ugana
Actors: Yukino Kaizu, Yu, Mimi Shao
Mon Humble Avis :
Le réalisateur Kenichi Ugana est venu en Europe pour faire le tour de 17 festivals avec ses 6 derniers films… il en a tourné 15 en 9 ans !
C’est vraiment le nouveau Takeshi Miike.
En marge du système mainstream, il tourne souvent trop vite avec trop peu de budget, mais a réussi malgré tout à sortir quelques pépites.
Ce revival de la J-Horror des années 2000 en est une.
Le métrage réactualise les séquences cultes des classiques, en un scénario prétexte à ce best-of savoureux.
Le message critique la société moderne contrôlée par les téléphones portables, mais le film a surtout la volonté de faire peur.
Notons l’appréhension toute japonaise des croyances étrangères (ici le taoïsme chinois)…
La réalisation a une lenteur caractéristique du genre horrifique nippon, privilégiant l’atmosphère effrayante, et les peurs psychologiques, pour mieux surprendre par ses effets chocs.
Il y a plusieurs fois des plans qui tournent autour du sujet (on imagine sur des rails de traveling circulaire).
On voit aussi pas mal de gros plans en contre plongée, par exemple sur des regards horrifiés.
La photographie est plus soignée qu’on aurait pu s’y attendre, même si on sent bien la caméra numérique.
La lumière est dorée, sur un camaïeu beige, avec des touches bleues-vertes.
Il y a évidemment beaucoup de scènes nocturnes.
Le montage est posé, et pourtant on ne s’ennuie pas, car il y a un rebondissement toutes les deux minutes.
Il privilégie évidemment la surprise des effets chocs, en faisant d’abord lentement monter la pression.
Les décors urbains passent de Tokyo au japon, à Taipai à Taïwan, quel exotisme pour le spectateur occidental !
On voit un salon de coiffure, l’appartement des deux copines en colocation, un temple taoïste où aura lieu une tentative d’exorcisme, et une humble maison populaire taïwanaise, « décorée » par une médium tarée.
Le film a donc le mérite d’emporter la J-Horror en dehors des frontières du Japon, ce qui est assez innovant pour valoir le coup d’œil.
Bien sûr les frères Pang l’avaient déjà fait en Thaïlande, et les américains aussi avec leurs remakes tout pourris, mais pour l’instant Taiwan avait été épargné par ces malédictions !
Les costumes sont très stylés, leurs couleurs, motifs de décorations, et même coupes sont originaux et modernes.
Même le SDF a un look travaillé !
On voit de plus la mode de deux pays (et il y a pas photo, les japonais ont trop la classe).
Certains éléments occidentaux surprennent : ils s’habillent en noir pour des funérailles, alors que le blanc est la couleur du deuil au Japon, usent de fourchettes et non de baguettes pour manger des nouilles, etc…
Les SFX proposent du gore à l’ancienne, trop grand guignol pour être crédible, ou faire vraiment peur.
On démarre sur une femme écrasée par un camion, dont la tête décapitée reste coincée entre la roue et la carrosserie, dégueu.
Une jeune femme pleure du sang, puis plante son téléphone avec un couteau, mais au travers de sa main, on a de l’égorgement, plusieurs décapitations, bref un beau massacre bien sanglant.
Un démon à langue pendante est représenté par un maquillage creepy à souhait.
Le casting oscille entre un jeu naturel dans les scènes de vie quotidienne, et un surjeu outré dans les séquences horrifiques, typique de la J-Horror.
L’héroïne joue mieux que les rôles secondaires.
Son ex-copain manque de charisme, il est un peu mou (en demi-molle ?)…
Il y a beaucoup de jeunes dans l’histoire, et peu d’acteurs plus âgés et donc assez expérimentés.
La musique utilise des percussions lourdes, l’atmosphère au synthétiseur évoque Goblin ou Carpenter sur de courts passages.
Mais les scènes les plus effrayantes (l’attente avant de sursauter) sont toujours silencieuses.
En conclusion, le téléphone maudit avait déjà été traité par le genre horrifique asiatique (The Phone, La Mort en Ligne 1, 2, & 3, One Missed Call, etc…), donc le sujet de ce film n’a rien de novateur.
Néanmoins, il faut reconnaitre que le résultat est parfois flippant, le plus souvent intriguant.
Cela relancera-t-il la J-Horror ?
L’avenir nous le dira…
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Les Courts Métrages Français (part 1)






