La Mort n'existe pas
L’Avis du FEFFS :
Après un attentat manqué contre de riches propriétaires, Hélène s’enfuit dans la forêt, abandonnant ses compagnons activistes.
Manon, son amie et complice, revient la hanter.
Ensemble, elles revisitent le dilemme violence/inaction dans le contexte d’un monde en pleine mutation.
Félix Dufour-Laperrière fait partie d’une nouvelle génération de cinéastes d’animation québécois, portés par un cinéma libre profondément sensoriel.
Il mêle politique et onirisme dans une forme rare de poésie animée, pour rappeler l’urgence de préserver ce qui rend encore le monde habitable : la douceur des liens, l’amitié et la bienveillance envers autrui.
Canada/France – 2025 – 1hr12
Director: Félix Dufour-Laperrière
Producers: Pierre Baussaron, Félix Dufour-Laperrière, Nicolas DufourLaperrière
Writer: Félix Dufour-Laperrière
Voices: Zeneb Blanchet, Karelle Tremblay, Barbara Ulrich
Mon Humble Avis :
Le réalisateur est un ex punk anarchiste qui s’est embourgeoisé.
Le film a eu un long développement infernal avant d’être finalement correctement produit.
Il offre une réflexion sur la dichotomie rébellion ou acceptation…
Le message traite de l’humanité en chacun de nous, et du regard d’un « vieux con » sur le jeune con qu’il a pu être autrefois.
Il emploie des métaphores issues des contes traditionnels pour nous parler d’embrigadement extrémiste.
Le ton est assez dépressif, puisque le réal semble regretter que sa « vie normale » est supplanté sa révolte initiale.
La réalisation est celle d’un film d’auteur sans concessions.
Le réal a d’abord fait son film entièrement tout seul à la tablette graphique à 12 images par secondes…
Puis on lui a adjoint une équipe de 12 personnes (payées au SMIC) et il a pu tout reprendre avec une animation plus fluide.
La photographie emploie des couleurs vives de littérature enfantine.
La lumière dorée sculpte le relief des formes.
Des couleurs très claires (blanc cassé) contrastent fortement avec des tâches plus sombres (rouge ou verte).
L’image est vraiment magnifique, c’est le point fort du film.
Le montage est d’abord assez rythmé, lors de la scène d’action d’ouverture… puis il ralentit vite dans une ambiance onirique lancinante.
Il y a beaucoup de dialogues, on entend les pensées de l’héroïne qui parle à son amie décédée qui la hante.
Ça devient d’une mollesse auteurisante insupportable.
La seule scène d’action revient 3 fois à l’identique, c’est usant.
Les décors ne font pas de différence graphique avec les éléments animés au premier plan.
Ils sont colorés en à-plats, pas avec des teintes naturelles mais avec au contraire des couleurs originales choisies pour les émotions qu’elles dégagent.
Les décors montrent surtout la forêt et le manoir des riches.
Les costumes des jeunes rebelles et des vieux riches sont réalistes, rien à signaler là-dessus.
Le minimalisme est de rigueur.
La postproduction a duré 8 mois.
Tout a été filmé avec des acteurs, puis rotoscopé et redessinné.
Les sujets sont d’une seule couleur, jamais de la « vraie » teinte qu’ils devraient avoir.
Le design des personnages est réaliste, ils sont bien distincts les uns des autres.
L’accent québécois a un effet comique involontaire pour le public français, qui nuit au sérieux du scénario.
Certains effets sont sidérants, comme la scène de la régénération du mouton, ou celle de « l’onde de choc naturelle », de grands moments !
La musique classique est faite avec un petit orchestre de chambre, où on entend surtout le violoncelle.
Il y a des sons très graves dans cette composition, qui se mêle aux bruitages de la nature très présents.
En conclusion, ce film est mortellement ennuyeux, à déconseiller grandement à l’heure de la digestion.
Malgré ces indéniables qualités graphiques, et sa courte durée d’une heure 12 minutes, le temps paraît bien long… trop bavard, trop contemplatif, trop intello-chiant.
Pourtant j’aurais vraiment voulu l’aimer !
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