THE CALLER

 

pays de production : Puerto Rico
année de production : 2011
durée : 90
genre : fantastic, romance
réalisateur : Matthew Parkhill
scénario : Sergio Casci
distribution : Stephen Moyer, Rachelle Lefevre, Lorna Raver…

AVIS DU NIFFF

The Caller est un de ces trop rares thrillers surnaturels qui parviennent à maintenir une escalade de l’angoisse jusqu’à la dernière minute. Doté d’un bon casting (Stephen Moyer de la série True Blood et Rachel Lefevre de la saga Twilight), The Caller repose somme toute sur une simple réflexion, que l’on s’est tous faite au moins une fois: parfois, il vaudrait mieux ne pas répondre au téléphone!

Le réalisateur : Matthew Parkhill suit un cursus en Histoire générale à l’Université de Cambridge. Il s’adonne à la poésie et une partie de ses œuvres est notamment incluse dans une collection éditée en 1996 par l’UNESCO. Outre un roman, And I loved them madly, il écrit de nombreux scénarios de films. Il fait ses débuts en tant que réalisateur avec Dot the I (2002), un thriller dramatique. Parkhill planche actuellement sur un scénario racontant la vie de l’icône gay du rugby gallois Gareth Thomas, qui sera interprété par Mickey Rourke.

MON HUMBLE AVIS

Cette idée de trame temporelle n’est pas tout à fait novatrice, puisqu’un film intitulé «Fréquence interdite» (avec Denis Quaid) est déjà sorti sur un sujet similaire…

En phase de divorce, Mary déménage dans une nouvelle maison. Traumatisée par son futur ex-mari, un homme caractériel et violent, elle essaie tant bien que mal de tourner la page. Un soir, elle reçoit un coup de téléphone d’une inconnue sur l’ancien appareil qui traînait dans le salon avant son arrivée. Au bout du fil, Rose, une sympathique vieille dame avec laquelle elle développe une relation téléphonique amicale. Mais après quelques échanges, Mary se pose des questions sur la santé mentale de son interlocutrice, qui affirme l’appeler du passé. La donne change radicalement lorsque Rose commence de la harceler et la menacer…

Si le passé influence forcément le présent, le futur n’est jamais écrit, semble nous dire le réalisateur, il est ce qu’on en fait.
Il est rare et d’autant appréciable (surtout pour un geek de SF comme moi) de suivre au cinéma une histoire temporelle sans aucun paradoxe, et menée tambour battant de surcroît, car il n’y a aucune scène inutile à la narration jusqu’à la dernière seconde.
On a peur en suivant ce scénario, parce qu’on ne voit pas de solution pour l’héroïne (ce qui est rare aussi).

La réalisation est classique et sobre.
Tout est fait avec professionnalisme et sans effet de style inutile, car la mise en scène est centrée sur les personnages et leur psychologie.

Les cadres sont proches des corps, il y a des gros plans avec des zones partielles de flou pour insister sur des détails bien spécifiques.
Les perspectives sont souvent intéressantes, comme dans ce plan cadré le long de la jambe sur un corps allongé.
Il y a des avants plans (branches ou meubles), ce qui donne aussi beaucoup de profondeur à l’image.

La direction de la photographie fait un bon usage du flou (en arrière plan ou aux avants plans), avec parfois des modifications subtiles au cours de la scène, jouant aussi habilement des ombres et du hors champ.
L’image est souvent composée d’un monochrome bleu, il y a beaucoup de « nuits américaines » (filmées de jour avec des filtres adéquats).
Le jour par contre, le film privilégie les couleurs chaudes (rouge, jaune), avec des contrastes doux, pour illustrer le site de Porto Rico.

Le montage a un tempo variable, les lenteurs servent à installer l’atmosphère pesante du harcèlement psychologique, mais le film est tout à fait capable d’aller plus vite pour ces séquences de tension ou d’action.

Comme décors, on trouve surtout un appartement glauque au vieux téléphone hanté, avec son jardinet à l’atmosphère plus optimiste, et un collège où ont lieu des cours du soir.
L’architecture de l’appart est changeante, ça peut être raccord avec le scénario, comme une facilité de tournage, mais en tout cas, ça renforce bien la confusion du spectateur.

Rien à signaler sur les costumes, seule la méchante peut être à peine aperçue en tenue rétro lors du climax final.

Pour les SFX, on retiendra surtout les cadavres emmurés bien crades, et les blessures de brûlures qui apparaissent et se propagent sur l’héroïne, un effet surprenant pour une idée nouvelle, c’est assez rare dans ce domaine pour le signaler.

L’actrice principale Rachelle Lefèvre est convaincante mais peu charismatique, elle n’a pas assez de défauts pour rendre son personnage attachant, elle semble trop parfaite.

Le casting s’ingénue à employer des acteurs de séries télé, ou du moins à la mode chez les jeunes, Rachelle Lefèvre vient de « Twilight », Stephen Moyer de « True Blood », et Ed Quinn d’ « Eureka » et de « Desesperate Housewives ».
Personnellement, j’ai davantage de plaisir à retrouver le gros mexicain Luis Guzmàn, un acteur bien sympa qui apporte toujours beaucoup d’humanité à ses rôles.

La musique utilise trop de piano, c’est classique et sans surprise dans un film d’épouvante.
Seul un air mélo romantique sort du lot, pour la scène du manège, avec ses sons pop électro, il place une atmosphère onirique bien agréable tout à coup.

Pour conclure, le film est trop « dark » pour être vraiment distrayant (à mon goût du moins), mais demeure une bonne surprise quand même : son scénario est de grande qualité, assez original pour valoir le déplacement de toute façon.