La preuve de l'existence (Sonzai no akashi) :

 

L’instructeur marque une pause, avant de changer de sujet :

« Mais je tiens aussi à vous donner mon avis sur ce que vous vous apprêtez à faire, d’un point de vue plus personnel…

Personne dans votre entourage ne semble prêt à le faire, alors je me lance, en espérant que cela n’entache en rien notre longue amitié.

Réfléchissez bien avant de replonger dans des choix par lesquels vous êtes déjà passé.

La vie vous offre une seconde chance.

Ce n’est pas le robot qui invente toutes ces choses géniales, c’est Jaïtcee Lorwan, l’homme, de chair et d’os.

Pourquoi auriez vous forcement besoin d’abandonner votre véritable corps, votre vraie apparence physique ?

Chacun doit s’en satisfaire, et vivre avec ses limites, un corps artificiel ne soulagera en rien les maux dont vous souffrez, ni votre soif inextinguible de création et d’invention…

Ne (re)faites pas cela.

C’est bien Jaïtcee Lorwan qui a affronté les autres shards casters dans l’arène, et non une machine.

Avez-vous senti l’adrénaline couler en vous lors de ces matchs sportifs, vous êtes vous rendus compte des exploits inimaginables, que vous avez accomplis durant cette après-midi ?

Ses sensations, ses possibilités, sont celles d’un simple être humain.

En redevant une machine, vous décuplerez peut être vos forces, capacités perceptives ou de mobilité, mais vous pouvez faire tout ça avec du matériel, une combinaison, ou un exosquelette…

Ne passez pas à côté de tout ce que votre véritable vie d’individu organique a à vous offrir, mon ami.

N’oubliez pas les paroles de votre compère Athuma, qui cherchait bien avec humour et simplicité, à vous vanter les plaisirs d’une existence d’homme.

Vous êtes un homme incroyable, Jaïtcee Lorwan, un homme rare, un de ceux dont peut être fière la race humaine.

Alors réfléchissez-y bien avant de refaire les mêmes erreurs.

La première fois vous n’aviez pas le choix, aujourd’hui vous avez votre libre arbitre. »

Lorwan interloqué, sent d'abord la colère monter en lui, un flot d'insultes fusent à travers les couloirs !

Puis il éclate de rire, et après un long nomment fond en larme.

« Je n'en peux plus de ses émotions, j'en ai rien à foutre de ses émotions !!!

Môssieur le sage Möglin!

Qui êtes vous pour me dire où et dans quoi je dois vivre ou pas ?

De quel droit me jugez vous pour avoir fait des recherches personnelles, moi prisonnier du temps, qui, au final, aboutissent à la compréhensions des shards ?

Je ne suis pas un moine shaneu moi !!

Môssieur Möglin ! »

Sur ce, comme s’il ne préférait pas en débattre davantage, l’insectoïde tourne les talons, et se rend en salle de radio hyper-ondes, pour ne pas perdre une seconde sur le déroulement du planning.

Les heures suivantes le travail de chacun se déroule selon les prévisions, mais l’écoulement du temps est inaltérable, tout comme la fatigue qui s’empare progressivement de nos héros, au fur et à mesure qu’ils dirigent les progrès, techniques pour Lorwan, et surnaturels pour Möglin…

Cependant, ils craignent fortement de retourner dormir, sentant que si ils perdent le contrôle, ils vont disparaître hors du temps.

Aussi, ils tiennent à coup de caféine, de boissons énergisantes, de médicaments, de soins par des spirits, et font même mentalement appel à Newton et à Ganesh, leurs Aésirs en tant que Méta-mégas de la science et de l’éducation, pour qu’ils insufflent de l’énergie méga, afin de les maintenir ici dans la réalité, le plus longtemps possible encore.

Au bout de 36 heures, les sondes automatisées de prélèvements et les huit sommets de tétraèdres sont prêts, ainsi que les shards casters, tous reliés par l’esprit en Fusion, capables de tenter le lien des deux keys-spirits.

Lorwan regarde régulièrement son robot du coin de l’œil, tiraillé entre des pulsions contraires…

Il pourrait en effet se contenter d’en faire un « ami », invoquant le spirit hors de la perle, pour qu’il contrôle ce corps artificiel, et lui rende des services de temps à autres, sans pour autant l’occuper avec son propre esprit…

Le déroulement des tâches de chacun est à peine altéré par l’arrivée soudaine d’un petit vaisseau spatial, un cargo léger de transport de passagers et d’exploration, typique des franges de l’AG, le Nounou 2 ! Une fois arrimé à New Ulbacus, par un sas de connexion souple, Sivana débarque à bord, rassurée par les autochtones au sujet de la méduse géante, son précieux vaisseau ne craint rien : il ne s’agit pas d’une créature spatiale dévoreuse de métal !

Elle doit ensuite subir un briefing difficile, car pointilleux sur le plan technique, et surtout effectué par les deux zombies défraîchis que sont maintenant les PduT, et la tension palpable entre Lorwan et Möglin.