SCENARIO


1. Générique Paris dégueu

Vues de Paris depuis la butte Montmartre, puis successions de gros plans sales.

Poubelles qui débordent, merdes de chiens, SDF allongés par terre, putes & trav’s le long du périph’, vitrines de sandwitcheries grecques, sol taché ou couvert de détritus, étalages crados aux puces, marché bordélique à château rouge, squats effondrés de la goutte d’or, déchets flottant sur la Seine, etc…
Le tout sur un rock gothique avec les lettrages du générique qui dégoulinent.

 

2. Présentation de la rue et des persos

Il s’agit d’une toute petite rue calme, presque sans circulation.

On y aperçoit un clodo campant dans un coin, et on y découvre les 2 personnages de la Propreté de Paris : Mr propre et son cousin fainéant.
Mr propre est un agent de la propreté très consciencieux, et même maniaque, c’est le sosie antillais du célèbre balaise de la pub (chauve, et boucle d’oreille).
Son cousin est reggae-man fumeur de joint et un agent de la propreté plutôt «jemenfoutiste».

Il pousse du balai les saletés sous les bagnoles pour ne pas avoir à les ramasser.
Ils font la même rue mais chacun sur un trottoir et dans un sens différent, ils se saluent en se croisant.

 

3. Le mendiant avalé

Le clodo fait les poubelles pour se trouver des restes à bouffer, quand il tombe sur le poubelloïde, en fait en apparence un poubelle verte ville de paris tout à fait anodine… seulement dès qu’il l’ouvre, l’odeur qui s’en dégage le révulse, puis un borborygme affreux se fait entendre et il se penche pour mieux voir… visage horrifié, cri déchirant, quelque chose l’attrape à l’intérieur de la poubelle, ses jambes se débattent mais sont avalées.
La poubelle rote.

 

4. Le nettoyeur fainéant dégueulassé

On voit le cousin à l’œuvre : quand les collègues vident des poubelles énormes dans le camion vert, il y jette un petit sac de rien du tout du bout des doigts, il balaie entre les tas de saletés en slalomant, il fume des tarpés à longueur de journée… au crépuscule, il arrive dans la rue du poubelloïde.
Il voit que le coin du clodo est plus crade que jamais, et s’approche pour piquer une bouteille avec un fond de pinard.

Mais derrière lui la poubelle se déplace toute seule et le bouscule.

Il se retourne, le couvercle s’ouvre, on ne voit pas le monstre, mais un puissant jet de liquide dégueu atteint le fainéant au visage !
Il titube, crache, et s’enfuit en courant !

 

5. La mort du fainéant

Dans sa fuite, il voit apparaître des tâches et des boutons purulents sur ses mains, il se regarde dans un rétro, et voit son visage comme dévasté par la peste !
C’est en titubant qu’il parvient jusqu’au palier de chez Mr propre.

Ce dernier paniqué le traîne à l’intérieur, et pour le soulager ouvre sa combinaison verte : des flots de détritus se déversent alors sur le corps agonisant de son cousin.

Ce dernier crève étouffé dans son vomi après avoir murmuré « la poubelle »...
Mr propre relève la tête avec un regard vengeur.

 

6. Le flic pollué

Pendant ce temps-là, un agent des forces de l’ordre mets des contraventions aux caisses mal garées.

Il évite les groupes de loubards qui zonent l’air louches, mais s’en prend aux bagnoles avec un soulagement évident.

Il arrive dans la rue du poubelloïde…
Il voit des détritus qui traînent partout et entreprend de dresser un procès-verbal aux riverains quand il voit la poubelle se diriger vers lui.

Il tire à plusieurs reprises dessus mais rien n’y fait, la poubelle est contre lui et s’ouvre.

Apparaît alors le monstre poubelloïde pour la 1ère fois :
Constitué de déchets, il ressemble à un ogre couvert de plastique, de carton, de boîtes de conserves vides, de rouleaux de PQ usagés, les mains en vieux gants à vaisselle !
Le poubelloïde crache cette fois un jet de fumée (pollution) à la gueule de sa victime, et le flic lui aussi s’enfuit sans demander son reste.

Il atteint le périph' en s’essuyant les yeux, et regarde le feu avant de traverser.

Celui-ci passe du vert au rouge, et les yeux du flic se mettent eux aussi à briller et à clignoter en rouge et en vert !
Il essaie malgré tout de traverser le boulevard, mais s’arrête en plein milieu pour tousser.

Il crache de la poussière, son uniforme se recouvre de cendres, et de la fumée épaisse semble sortir de tous ses orifices !
C’est la pollution de la circulation qui l’agresse (gros plans sur des pots d’échappements), il est entouré d’un brouillard putride et va droit vers les voitures au lieu de traverser.

Un énorme camion fonce sur lui en klaxonnant, il ne se pousse pas, mais reste sur la route à cracher ses poumons.
Il se fait défoncer la gueule par le 38 tonnes, qui roule sur son cadavre en éclaboussant la chaussée… une vielle qui promenait son clebs se retrouve mouchetée de sang !

 

7. La préparation de Mr propre

Pendant ce temps Mr propre se prépare à agir et s’équipe tel un Rambo du nettoyage, tenue verte, éponges à la ceinture, pistolet-gicleur de liquide pour vitres en holster, mitaines avec éponges vertes pour gratter fixées sur le dessus des mains, balai qu’il fait tournoyer avant de le fixer dans son dos…

Tout ça sur une musique de commando !
Mr propre se fait le sourire au fil dentaire, puis se passe le crâne au cirage et à la brosse à chaussure une dernière fois, puis enfin sort de chez lui, bien décidé à venger son cousin.

 

8. Mr propre pète les plombs

Il traverse d’abord le marché de Château Rouge au ralenti, puis on le voit prendre son métier un peu trop à cœur dans un clip (marche militaire).
Un mec jette par terre la fin de son grec-frites, Mr propre lui écrase la tronche sur le bitume et l’oblige à finir, un gosse pisse contre un mur, Mr propre le fait s’agenouiller et lui pisse à la gueule, une vieille fait chier son clébard sur le trottoir, Mr propre explose le chien à coups de balai et le rend à la vielle sous forme de restes de poils ensanglantés dans un sac à crottes ! ! !

 

9. Le travelo englué

La nuit tombe, et au bord du périph' les putes et les trav’s camés racolent les automobilistes.

Un travelo jeune, mais usé par la drogue, s’approche d’une poubelle pour y jeter une capote usagée dégoulinante de jute… malheureusement il s’agit du poubelloïde qui surgit tel un diable de sa boîte.
Un tentacule gluant fait de plastique à bulles et de déchets s’étend de la poubelle jusqu’au cul du trav’, tétanisé par la peur.

Il est secoué comme une feuille par la puissante tentacule phallique, qui l’encule dans un coin sombre.

Participation de Dédé :

"Voilà la version trash de la chanson de Casimir
Attention, accroches toi, ça décoiffe, sers-t'en pour ton film"

Voici venu le temps,
des putes a dix francs,
des suceuses de gland, et des coulées de sperme blanc.
C'est un liquide joyeux, qui colle aux cheveux,
un liquide joyeux, qui rends les hommes heureux...

Puis le travelo revient à lui, l’air de ne plus savoir si il a rêvé ou pas.

Il sort une seringue, et un sachet de poudre, de son sac à main, et le jette dans une poubelle apparemment inoffensive, « encore de la coke coupé au blédina » !
Plus tard, il monte dans une voiture de sport.

Un jeune cadre dynamique, costard-cravate & alliance au doigt, se fait sucer tout en conduisant.

Tout à coup le trav’ se redresse en hoquetant.

Le client se plaint, et réclame la suite de sa pipe, quand le trav’ se tourne vers lui d’un air dégoûté, et déglutit du sperme sur son décolleté, puis en pleine face du type.

Après cette éjac’ faciale de gerbe spermatique, le client horrifié freine, et vire le travelo de sa caisse à coups de pompe…
Mais ce dernier se relève en l’injuriant, et lui barre la route, en se jetant sur son capot.

Repris par son envie de gerber, il éclabousse le pare-brise de litres et de litres de foutre bien juteux ! ! !
Le client active ses essuie-glaces, et se dégage du trav’ tout gluant, puis s’en va à toute allure.

Le travelo titube sur le trottoir, et tombe les jambes écartées.

C’est alors un véritable geyser de sperme qui sort de son cul, et retombe sur lui en trombes épaisses.

Puis le débit diminue, en même temps qu’il cesse de se débattre.
Petit matin (lever du soleil sur la butte Montmartre en image par image à intervalles).

Le travelo n’est plus qu’une grosse tâche de foutre séchée sur le bitume, d’où s’échappent 2 bottes en cuir noir.

 

10. Mr Propre mène l’enquête

Mr Propre interroge les passants en leur montrant un portrait-robot de son suspect (un crobard d’une poubelle au marqueur vert).

Il questionne les cuistots des friteries accoudé au comptoir, des SDF qui traînent, des mômes livrés à eux-mêmes dans la rue, etc… tous lui montrent une direction du doigt.

 

11. Le dealer shooté

Une petite frappe, punk junkie, deale avec des épaves dans une ruelle (celle du Poubelloïde).

Puis il s’éloigne l’air satisfait en comptant son fric.

Il entend un gémissement et des gloussements bizarres vers les poubelles et s’approche par curiosité « Tu veux une dose, mec, où tu te caches ? »…
Le Poubelloïde ouvre son couvercle, et attrape le bras du dealer avec sa tentacule, puis il le pique avec ses griffes-seringues.
Le dealer se tape un trip d’enfer (caméra subjective avec effets numériques de déformation du décor), ses veines deviennent rouge le long de son bras, et ça se propage sur son visage.
Il agite frénétiquement (mais inutilement) un cran d’arrêt, et se mets à baver une mousse bleue par la bouche et les oreilles, puis sa tête explose carrément !

 

12. La 1ière confrontation

Mr Propre arrive enfin dans la rue du Poubelloïde, et voit le cadavre du dealer entrain de fondre (il ne reste que ses fringues, de la mousse bleue à la place des pieds et des mains, et une grosse tâche de sang, et de cervelle en guise de tête).
C’est alors qu’il repère la poubelle coupable (la plus dégueu).

Seulement dedans il n’y a plus rien !

Mais, en regardant mieux, Mr Propre voit des traces crados qui en partent, et vont jusqu’à une bouche d’égout.

Il les suit, ouvre, et descend dans les profondeurs repoussantes de Paris.
Il erre un moment dans les égouts (gros plans sur tout ce qui surnage !) et finit par rattraper le monstre : c’est maintenant une créature humanoïde (un mec déguisé quoi !) toujours aussi répugnante.
Mr Propre fait du boken avec son balai (comme le célèbre Toxic Avenger), des sauts et des coups de pieds en vol à la van Damme, et arrose le Poubelloïde de lave-vitre avec son pistolet-gicleur (en tirant en l’air comme dans les gunfights de John Woo), puis il boxe à la Tyson…et tout ça contre un adversaire qui bouge à peine, encombré de sa combinaison toute pourrie, mais qui gesticule tant bien que mal, en poussant des borborygmes !

 

13. Le monstre géant

Alors que l’affrontement tourne à l’avantage de Mr Propre, une antenne sort de la tête du Poubelloïde et se mets à briller.
Aussitôt les endroits crades de la ville se mettent aussi à briller (reprises de plans écartés du montage du générique avec effets numérique de brillance).
Le monstre se met alors à grandir sous les yeux horrifiés de notre héros.

Il crève le plafond des égouts, et s’évade dans les rues.
Il continue de grossir, en pompant l’énergie de dégeulasserie de la ville, et est bientôt plus grand que les immeubles.

Il s’éloigne en les enjambant, laissant Mr Propre seul et dépité.

 

14. L’entraînement de Mr propre

Ce dernier relève alors lentement la tête avec un air combatif et serre les poings.

Musique d’entraînement de Rocky & clip sur les efforts débilitants de Mr Propre pour être à la hauteur :
Il lave des vitres différentes des 2 mains, lave le sol en plongeant son balai serpillière dans plusieurs sceaux disposés tout autour de lui, il récure un moteur de camion-benne à la brosse à dents, il se recouvre toute la tronche de mousse pour se raser, il étend son linge sur une corde immense, il fait la plonge, le tout intercalé avec des scènes de muscu…
On finit bien sûr par une montée d’escalier en courant (genre ceux de Montmartre) et une arrivée au sommet, sautillant et victorieux.

 

15. Les ravages du monstre

Pendant ce temps, le Poubelloïde salit la ville du mieux qu’il peut.

Musique de la marche de Godzilla, et clips des dégâts provoqués par le monstre.
Entre chaque catastrophe, il y a une surimpression de couverture de journaux parisiens, où les ravages du monstre font la une.

Les journaux tournent sur eux-mêmes, et s’arrêtent en position lisibles, puis c’est un nouveau fondu enchaîné avec le Poubelloïde, qui marche sur la ville au ralenti (en réalité, il est filmé devant un écran bleu).

Le tout alterné avec des plans d’agents de la Propreté de Paris, regardant en l’air apeurés, ou s’enfuyant.
Le Poubelloïde s’assoit sur l’arc de Triomphe pour chier une bouse, se torche avec les toiles du musée du Louvre, s’enfile la tour Eiffel comme un gode, diffuse partout une odeur infâme, recouvre les façades de graffitis, et les bagnoles de chiures de pigeons…

 

16. La confrontation finale

Mr Propre, dans sa cuisine transformée en véritable labo de chimie, mélange toutes sortes de produits d’entretien, et obtient finalement une potion miraculeuse, dont il emplit son minuscule biberon !
Puis on retrouve le monstre se baignant en bord de Seine (le fleuve change de couleurs), sifflé tout à coup par notre héros.

Le Poubelloïde se redresse exaspéré, pour effrayer le minuscule intrus, qui ose le déranger, mais Mr propre ne se démonte pas, et avale sa potion…
Il se met lui aussi à grandir démesurément (sur la musique de Superman), atteint une taille équivalente à celle du monstre, et le combat reprend selon les mêmes techniques que la 1ière fois (mais devant un écran bleu, pour qu'ils apparaissent comme géants par rapport aux décors filmés à part) !
Face à face, type duel de western (+ musique « L’homme à l’harmonica »), puis un combat d’arts martiaux (en hommage aux chorégraphies kung-fu de Hong-Kong).
En alternance, on voit des agents de la propreté soutenant Mr Propre comme des pom-pom girls, et la foule tour à tour effrayée ou enthousiaste, faisant des olas comme des supporters de foot.
Pendant le combat, le Poubelloïde, apparemment doué de facultés de télépathie, essaie de déconcentrer son adversaire, en lui envoyant des attaques mentales.
Des images dégueues agressent l’esprit de notre héros, qui tient bon malgré tout : évier plein de vaisselle moisie, cadavre en putréfaction, scènes de gérontophilie, de scatophilie, de zoophilie, d’opérations chirurgicales, de vomissures, le tout en images quasi-subliminales !
Mr Propre finit par attraper, et ceinturer le Poubelloïde comme un catcheur, et lui oblige à boire une potion identique à celle qu’il a bue.

Le monstre est affolé, dégoûté, mais c’est trop tard pour vomir, les produits d’entretien lui font le ménage de l’intérieur…
Il gigote en hurlant (+effets de déformation et de distorsion numériques), puis explose en une gerbe cradingue, qui arrose la foule ! ! !
C’est gagné, le Poubelloïde n’est plus de ce monde, et toute la crasse disparaît comme par magie.
Mr propre reprend sa taille normale, et est porté en triomphe par les agents de la propreté.

Tout est beau, et se met à briller de petites étincelles, comme dans la plus niaise des pubs pour liquide vaisselle !
Pour compenser cet happy end gnangnan, un chien chie dans un coin, la caméra se rapproche de son étron encore chaud… ce dernier se met à trembloter, en murmurant d’une voix d’outre-tombe : « Je reviendrai »…

 

17. Générique Kung Fu Fighting

Sur le célèbre tube disco (comprenez ringard), tout le casting effectue des figures de pseudo-kung-fu, ou danssouille de façon grotesque.

Puis vient le tour du réalisateur Gonel, et du producteur Coacho, et enfin de tous ceux qui ont fait de la figuration dans le film.
Les lettrages défilent par-dessus, mais cette fois nickels et étincelants.